Divergence(s) entre peuple et Parlement

Jura • Alors que la gauche et les syndicats récoltent des signatures pour une nouvelle initiative en faveur d’un salaire minimum cantonal, les Jurassiens se prononceront dans les urnes pour ou contre une autonomisation de l’Office des véhicules.

En septembre 2015, le Parlement jurassien avait refusé, à une voix près, l’entrée en matière sur un projet de loi du Gouvernement visant à instaurer un salaire minimum, suite à l’acceptation par le peuple d’une initiative sur le sujet. Le bureau du Parlement avait ensuite refusé une deuxième lecture de cette loi, arguant qu’il n’y avait pas eu de première lecture, vu qu’il n’y avait pas eu d’entrée en matière. La Cour constitutionnelle vient de lui donner tort et il y aura donc une seconde lecture. Mais on ne peut pas en attendre grand-chose, puisque la droite a passé entre-temps de 31 à 34 sièges (sur 60). La gauche et les syndicats n’avaient pas attendu ce verdict judiciaire pour réagir politiquement. Une nouvelle initiative populaire a été lancée en octobre dernier demandant à nouveau l’instauration d’un salaire minimum cantonal. La récolte de signatures est encore en cours, mais son aboutissement ne fait guère de doute. Il n’y a pas que des personnes situées à gauche qui ont été choquées par le mépris de la volonté populaire exprimé par la moitié droite du Parlement.

Office des véhicules «autonomisé»?

En cette fin de semaine, c’est le peuple, qui risque de ne pas suivre le Parlement, mais là de façon tout à fait légitime, concernant l’Office des véhicules. Le référendum contre la loi sortant l’Office des véhicules de l’administration cantonale a été lancé par le Parti socialiste et soutenu par CS-POP, les Verts et les syndicats. La nouvelle loi a évidemment le soutien de la droite, mais aussi celui des chrétiens-sociaux (PCSI) dans leur majorité. Le oui est donc favori «sur le papier». Mais l’opposition à cette mesure n’est pas seulement le fait de gens de gauche. Bien d’autres personnes voient d’un mauvais œil un service qui rapporte de l’argent à l’Etat échapper au contrôle démocratique. Les taxes seront fixées par l’Office, qui pourra aussi décider par exemple du maintien ou non d’une halle d’expertise en Ajoie et aux Franches-Montagnes. Un argument des partisans est qu’à cause de l’accroissement des tâches de cet office, sa gestion doit être plus souple et il doit pouvoir engager de nouveaux employés. Mais ce sont les mêmes qui, par leur idéologie du «moins d’Etat», ont privé l’administration de toute souplesse en interdisant tout engagement de personnel supplémentaire. On saura dimanche si l’adage «le Jura élit à droite et vote à gauche», apparu dans les années 70, fonctionnera à nouveau pour la défense du service public.

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