RIE III, cadeau empoisonné pour les PME, les salariés et les contribuables

Jura • La réforme sur l’imposition des entreprises sera préjudiciable pour le canton, estime PierluigiFedele, secrétaire régional d’Unia Transjurane.

La campagne pour les votations fédérales du 12 février a débuté avant les fêtes de Noël. Les opposants auront un mois pour convaincre les citoyen-ne-s de rejeter cette réforme dangereuse, en faveur des milieux économiques les plus favorisés. Contrairement à ce qui est annoncé, cette saignée massive dans les finances publiques de la Confédération, mais aussi et surtout des cantons et des communes ne profitera qu’à une minorité d’entreprises, celles qui dégagent d’importants bénéfices et qui actuellement ont déjà les taux de prélèvement les plus bas au monde!

Les PME et la population seront les dindons de la farce: les premières parce qu’elles ne payent quasiment pas d’impôt actuellement et qu’en mathématiques, zéro moins zéro égal toujours zéro. La population ensuite, car pour compenser de telles pertes, deux scénarios sont envisageables: soit une augmentation de leur fiscalité, soit l’application d’un plan Otpi-Ma 2, ce qui veut dire moins de prestations d’Etat à la population. Dans les deux cas, le camp des cocus est connu.

RIE II ou III, la même ritournelle
Le 24 février 2008, la RIE II, soutenue par les mêmes acteurs qu’aujourd’hui, passait la rampe de la votation populaire par moins de 20’000 voix d’écart à l’échelon national! Pendant toute la campagne, le Conseiller fédéral Merz, avait ânonné le chiffre de 900’000 millions de pertes pour les finances publiques. Dans les faits, ce sont plus de 9 milliards qui sont venus alourdir la note. Nous devrions croire aujourd’hui ceux qui ont menti hier?

Le Jura sciemment en retard?
Dans le Jura, le Gouvernement et son ministre des finances n’ont pas encore trouvé le temps d’élaborer la moindre stratégie. Le risque est donc grand que les citoyen-ne-s de notre canton se rendent aux urnes le dimanche 12 février…sans savoir ce que le canton et les communes ont à perdre dans cette opération! Un seul chiffre est annoncé: pour chaque point en moins du taux d’imposition des bénéfices des entreprises, c’est 3,5 à 4 millions qui disparaîtront des caisses de l’Etat.

Le problème est donc de savoir quelle décision politique sera prise. 1, 2, 4, 5 points de moins? Parmi les cantons qui ont annoncé la couleur, le Valais prévoit un passage de 21,56% à 15,56%. Si on retient ce taux de 15,56% à titre d’exemple, cela représenterait une perte sèche de 18 à 21 millions pour les finances jurassiennes. De quoi justifier des plans d’austérité à répétition ces prochaines années. Alors qu’à l’instar du Jura, 10 autres cantons n’ont toujours pas dévoilé leurs intentions, la facture globale s’élève déjà à 3 milliards pour les cantons concernés et bien entendu pour les communes.

La résistance s’organise… à droite aussi
Les communes vont également payer une note salée si le peuple accepte pareille saignée. La seule ville de Zurich planifie 300 millions de pertes. La directrice des finances de la ville de Bienne parle de 15 millions, ce qui représente 17% des recettes fiscales totales! Ou 50% des recettes fiscales des entreprises. Cette opposante à la RIE III, qui s’appelle Silvia Steidle, est une élue PLR. Dans ce contexte, elle n’est ni de droite, ni de gauche, elle est simplement une élue responsable.

Suivant son exemple, il faut que les Jurassiennes et Jurassiens qui souhaitent encore que l’impôt soit synonyme de redistribution des richesses et que la classe moyenne ne fasse pas encore une fois les frais de cadeaux inutiles aux plus riches, rejettent massivement cette réforme dévastatrice.
La sagesse, mais également le sens de la justice sociale et fiscale ne peuvent que nous inciter à refuser ce transfert d’argent public de nos poches à celles de quelques riches entreprises. Votons un NON résolu à la RIE III.

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