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« La bourgeoisie helvétique à créé un système unique au monde », a souligné le représentant du Parti suisse du Travail au Séminaire communiste international

vendredi 15 juin 2012, par Jérôme Béguin

« La crise systémique que le capitalisme traverse actuellement est à la fois lourde de menace et source d’opportunités. Elle présente des défis majeurs aux communistes », a souligné dans son intervention Alexander Eniline, représentant du Parti suisse du Travail au Séminaire communiste international, qui s’est tenu fin mai à Bruxelles. « Il n’y a que deux sorties possibles de la crise : une sortie dans l’intérêt du capital et de l’impérialisme, ou une sortie dans l’intérêt des peuples et des travailleurs. La bourgeoisie ne peut imposer une sortie de la crise conforme à ses intérêts qu’à un prix terrible à payer par les peuples : un durcissement de l’exploitation capitaliste, une détérioration brutale des conditions de vie des classes populaires et des classes moyennes, des massives et dévastatrices guerres impérialistes. La responsabilité des communistes est de lier les luttes immédiates à la lutte fondamentale pour la seule sortie de la crise dans l’intérêt des travailleurs qui soit possible ; c’est-à-dire le socialisme. » Pour le secrétaire général du Parti du Travail genevois, la voie vers le socialisme n’est ni simple, ni unique, « vraie pour tous les pays et tous les temps ». En Suisse, « la bourgeoisie a réussi à créer un système politique unique au monde, fondé sur la participation de tous les partis importants au gouvernement en permanence proportionnellement à leur représentation au parlement, ce qui assure une stabilité exceptionnelle au système politique, l’intégration totale de tous les partis aux institutions bourgeoises et la marginalisation de toute opposition réelle, dans l’illusion de divergences fondamentales entre les partis qui participent pourtant au même gouvernement. Ce système est cimenté par l’idéologie du consensus, c’est-à-dire d’une harmonie illusoire entre classe et d’une collaboration entre les partis, dans la négation de la lutte et du conflit », relève le Genevois. « Le Parti socialiste, et les syndicats majoritairement contrôlés par lui, portent une lourde responsabilité dans l’établissement de ce consensus conservateur. » Dans ces circonstances, le jeune militant estime que la première tâche qui s’impose est de « briser le consensus étouffant imposé par la bourgeoisie » en menant un « travail d’organisation dans les syndicats pour les détacher de l’emprise de la social-démocratie et de la paix du travail, leur donner une ligne de lutte de classe ». Réaliste, Alexander Eniline conçoit cette lutte dans un processus de longue durée, « vu la stabilité du régime bourgeois en Suisse ».

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