Une crise payée par les salariés
Angleterre:vague de grèves contre «l’emploi étranger » La grève qui touche actuellement une raffinerie de Lincolnshire, dans l'Est de l'Angleterre, est en train de s'étendre à l'Angleterre. En cause: l'ouverture du marché énergétique à des nombreuses compagnies étrangères. Le feu a été mis aux poudres suite à la décision du groupe Total de Lindsey (Nord-Est de l'Angleterre) de recourir au groupe italien IREM pour la construction d'une usine de désulfurisation, signale le quotidien El Pais. Le groupe français emploie actuellement 550 personnes et entre 200 et 1.000 intérimaires sur le site. La population de la zo
ne dénonce le fait que ce sont des travailleurs italiens et portugais qui travailleront plutôt que des locaux. Des salariés des centrales nucléaires de Sellafield et de Heysham ont aussi arrêté ce 2 février le travail. De même que dans la raffinerie de pétrole de Grangemouth (Ecosse) ou dans les centrales d'énergie de Longannet, Warrington et Staythorpe.
Un mouvement récupéré par le BNP
Les grévistes dénoncent tout à la fois un "dumping salarial " et "l'augmentation de chômage" pour demander des mesures protectionnistes au gouvernement de Gordon Brown, lié par la libre circulation des travailleurs.Bill Eilbeck,un syndicaliste de Sellafield, a dit qu'il ne s'agissait pas d'une «grève xénophobe». «Le mouvement demande l'égalité de salaires pour tous les travailleurs». Pourtant, le message ultra-protectionniste tend aussi à être récupéré par le parti d'extrême-droite du british national Party (BNP).Le chômage s'est aggravé l'an dernier en Grande-Bretagne, pour toucher 1,923 million de personnes en novembre. Alors attention au piège: il est plus que temps de dénoncer la concurrence entre les travailleurs instituée par le patronat et de revendiquer des salaires justes pour tous plutôt que de sombrer dans la chasse aux boucs-émissaires.
Réd.