Une gauche qui sait où elle va

Il faut le dire• Les prestations de l’aide sociale du canton de Neuchâtel sont revues à la baisse. La principale mesure de restriction concerne les jeunes adultes (18-35 ans) sans activité, qui verront leur forfait d’entretien, soit le montant destiné à s’acquitter de toutes les dépenses hors du loyer et des frais médicaux, diminuer de 830 à 782 francs par mois...

Les prestations de l’aide sociale du canton de Neuchâtel sont revues à la baisse. La principale mesure de restriction concerne les jeunes adultes (18-35 ans) sans activité, qui verront leur forfait d’entretien, soit le montant destiné à s’acquitter de toutes les dépenses hors du loyer et des frais médicaux, diminuer de 830 à 782 francs par mois. Ces jeunes «doivent être à même d’entreprendre les efforts nécessaires à leur intégration sociale et professionnelle», estime le Conseil d’Etat. Comme si émarger à l’aide sociale était un choix délibéré, comme si un chômeur pouvait être responsable de la situation socio-économique et du manque d’emplois… D’autres dispositions qui frapperont les plus modestes ne sont pas plus justifiables.

Certes, ces coupes font suite aux décisions prises par la majorité de droite du Grand Conseil. Mais elles sont appliquées avec trop de zèle par le conseiller d’Etat en charge du Département de l’action sociale, Jean-Nat Karakash. Le gouvernement à majorité socialiste disposait tout de même d’une marge de manœuvre, qu’il n’a pas utilisé. Voilà une gauche qui a oublié que sa mission première était de se placer au service des plus humbles de notre société.

Heureusement, il existe encore une gauche qui n’a pas oublié d’où elle vient et, surtout, où il ne faut pas aller. «On juge une société à sa façon de s’occuper des plus démunis», rappelait dans le dernier numéro de Gauchebdo Nago Humbert, tête de liste du POP neuchâtelois. Refusant de sacrifier ses convictions pour un siège, le parti a renoncé non sans raison à s’apparenter au PSN. Dans le canton de Vaud, la gauche de gauche aborde aussi des élections, après avoir courageusement bataillé sur le référendum contre la criminalisation de la mendicité.

En France, Benoît Hamon, dont la proposition phare est un revenu d’existence, a été plébiscité à la primaire socialiste. A l’occasion des élections vaudoises et neuchâteloises, il faut espérer que la gauche qui n’a pas perdu de vue les opprimés soit également soutenue à sa juste valeur par les citoyens épris de justice sociale.

Share on Google+Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInEmail this to someonePrint this page