Le GSsA veut bannir le financement suisse des armes

Suisse• Le GSsA veut bannir le financement suisse des armes

«L’argent qui arrive dans l’industrie de l’armement en passant par la place financière suisse fait de nous des complices des sociétés de production qui tirent profit des victimes de la guerre». Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer les investissements des grandes entreprises suisses dans l’industrie de l’armement et a fait ses petits comptes. L’association a calculé que la Banque nationale suisse avait investi près de 600 millions en 2015 dans la production d’armes nucléaires. «Les deux grandes banques suisses UBS et Credit Suisse ont placé 6,5 milliards de francs dans l’industrie nucléaire, alors que les caisses de pension suisses ont investi 8 milliards de francs dans l’industrie de la défense», précise encore l’association.

Lancement d’une initiative prévu le 2 avril prochain

«Le fait que les fonds de pension investissent dans des entreprises de défense, est un scandale. La Suisse, pays dépositaire des Conventions de Genève et pays neutre, ne peut se permettre de prendre part à une politique qui maximalise ses profits aux dépens des vies humaines», tranche Lewin Lempert, secrétaire de l’association, qui prévoit de lancer le 2 avril une initiative pour interdire un tel financement. Outre la BNS, les grandes banques et les caisses de pension, le texte prévoit aussi que la Confédération devra imposer les mêmes exigences aux banques et aux compagnies d’assurance. «Notre initiative contribue à rendre le monde plus pacifique et renforce une politique étrangère et une politique de sécurité crédible de la part de la Suisse», justifie l’association, qui veut empêcher que l’argent des citoyens, qu’il soit des rentes ou des économies, soit investi, sans leur consentement, dans ce commerce de mort.

Encore en discussion dans les sections de l’association, le texte devrait être définitivement adopté le 2 avril à l’occasion d’une assemblée générale. Une telle solution est facilement applicable selon le GSsA: «En novembre 2016, la caisse de pension de la ville de Zurich a décidé qu’elle ne placerait plus d’argent dans l’industrie des armes nucléaires, alors que le Grand Conseil de Bâle-Ville doit se prononcer sur une motion pour interdire que la caisse de pension cantonale investisse dans l’industrie d’armement», justifie encore l’association.

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