Tir à boulets rouges sur le bilan du Conseil d’État

Vaud• Pour Ensemble à gauche, le bilan du Conseil d’Etat est loin d’être aussi rose qu’il voudrait le laisser paraître.

A l’approche des élections cantonales, c’est l’heure du bilan. La semaine dernière, le Conseil d’Etat vaudois, à majorité de Gauche PS/Verts, s’auto-congratulait ainsi en affirmant avoir rempli tous ses objectifs sur 5 ans. Au chapitre des succès, la réforme fiscale RIEIII version vaudoise, adoptée par près de 80% de la population, et la plus récente loi sur le logement, approuvée par la population après de pénibles débats et compromis. Le lendemain, la gauche de la gauche tenait une conférence de presse histoire de nuancer quelque peu le tableau, dénonçant «le bilan d’un gouvernement de consensus mou, menant une politique sociale-libérale».

Personnel insuffisant ou sous pression
Pour le POP, solidaritéS et Décroissances alternatives, l’excuse d’un parlement de droite, avec qui il faut faire des compromis, n’est pas valable: le Conseil d’Etat aurait dû utiliser davantage sa marge de manœuvre. La formation d’extrême gauche, qui compte actuellement 5 représentants au Grand Conseil, a notamment dénoncé l’absence, au bilan, des importants retards de l’Office cantonal des bourses d’études (OCBE), qui avaient donné lieu à de nombreuses manifestations étudiantes. Celles-ci avaient révélé que l’OCBE «n’arrive plus à traiter les dossiers, avec des retards dépassant parfois les six mois». Un allongement du budget, demandé par Ensemble à Gauche, avait été refusé.

La formation souligne en outre le manque de personnel dans plusieurs services de l’Etat comme l’Office des curatelles et tutelles, le Service pénitentiaire, ou certains services hospitaliers. «Ces dernières années, les dépenses de l’Etat ont certes augmenté mais, pas suffisamment, compte tenu de la croissance démographique du Canton», juge Ensemble à gauche, estimant que le canton «aurait la marge de manœuvre de le faire».

Lorsque le Conseil d’Etat se félicite des mesures d’insertion pour les personnes au RI, il omet de mentionner que la traque aux abus s’est elle aussi intensifiée, ont encore ajouté les représentants de gauche radicale: «Voilà des années que nous demandons des postes supplémentaires de contrôleurs fiscaux, mais le gouvernement préfère intensifier la traque aux soi-disant “profiteurs’’ aux assurances sociales. On parle pourtant là 3% de l’ensemble de la manne du RI, alors que le montant de la fraude fiscale est estimé à plusieurs centaines de millions de francs». Un choix de priorité jugé «scandaleux», d’autant plus qu’il met une pression inutile sur les assistants sociaux et stigmatise les bénéficiaires en les appauvrissant encore via des sanctions «de 15%, 25% ou 30% du montant de leur rente pour des causes comme l’oubli de mentionner une ristourne de chauffage de 100.- ou une mauvaise case cochée dans un formulaire. On est loin des évasions fiscales des Panama papers!».

La RIEIII doit être gelée

Ensemble a gauche regrette enfin que le Conseil d’Etat n’ait pas retenu son projet d’assurance pour les soins dentaires, le remplaçant par des mesures ciblées à l’attention de certaines catégories de la population. L’attitude du canton suite au rejet de la RIEIII fédérale par la population est également pointée du doigt: «Un Gouvernement conséquent devrait geler son projet, tant qu’un cadre fédéral n’est pas établi. Un taux plancher de 16% des bénéfices devrait être fixé», ont souligné les représentants de la gauche radicale, revendiquant une politique fiscale plus redistributive. Le manque de places en crèche, de logements ainsi que la remise en question de l’exception vaudoise en matière d’accueil des migrants ont aussi été pointés du doigt.

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