La caisse publique fait son grand retour

Assurance maladie• Le Parti du Travail lance une initiative cantonale à Genève pour mettre en place dans le canton une caisse d’assurance maladie et accident publique à but social, avec comme objectif de faire baisser les primes et de rendre plus transparent le système de santé. Au niveau fédéral, les conseillers d’Etat genevois Mauro Poggia (MCG) et vaudois Pierre-Yves Maillard (PS) ont annoncé le dépôt prochain à la chancellerie fédérale de deux initiatives populaires concernant l’assurance-maladie.

«Depuis l’introduction de la LAMal, les primes augmentant chaque année. Aujourd’hui, à Genève la prime moyenne cantonale pour un adulte est de 553 francs. Pour une famille, ces dépenses peuvent représenter 20% de leur budget. De tels montants sont exorbitants, totalement intolérables pour les classes populaires», a expliqué cette semaine Alexandre Eniline, président du PdT à l’occasion du lancement de campagne de récolte de signatures pour instaurer «une caisse d’assurance-maladie et accident publique à but social». Le parti a désormais jusqu’au 12 juillet pour récolter 10’000 signatures. «Nous avons obtenu 18’000 signatures valables pour notre initiative pour une assurance-dentaire. C’est largement possible», estime l’ancien député, René Ecuyer.

L’idée est loin d’être neuve. Dans le canton, l’Alliance de Gauche avait lancé un tel programme en 2002, mais l’initiative avait été invalidée par le Tribunal fédéral, qui considérait que le principe de l’unité de la matière n’état pas respecté. Pour se prémunir de ce désagrément, le parti a simplifié son texte, qui stipule désormais que le canton est doté d’une caisse d’assurance-maladie et accident au sens du droit fédéral et qu’elle est constituée sous forme d’établissement public autonome, qui offre des prestations d’assurance maladie de base. «Nous avons blindé cette initiative cantonale auprès de l’administration fédérale», assure Alexandre Eniline, qui rappelle que cette caisse ne ferait pas disparaître les caisses privées dans le canton.

«Lors de notre récolte de signatures pour notre précédente initiative dentaire, beaucoup de gens nous ont demandé pourquoi on ne faisait rien pour l’assurance-maladie. Voilà du concret », lance René Ecuyer. Rappelons qu’en 2014, les Genevois s’étaient prononcés en 57% en faveur de l’initiative fédérale pour instaurer une caisse publique d’assurance-maladie.

Baisse des primes et gain de transparence
Avec ce texte, le parti espère réduire le montant des primes en réduisant les frais et coûts habituellement imputés aux caisses privées et apporter plus de transparence à un marché complètement opaque, notamment dans la gestion des réserves. Pour preuve,ces dernières années, les assurés de plusieurs cantons avaient payé 2 milliards de primes en trop, dont 463 millions à Genève, versés à des cantons aux primes sous-évaluées. «Aujourd’hui, leur remboursement aux Genevois n’a toujours pas été effectué», soupire Alexandre Eniline.

«Les compagnies se font concurrence, ce qui en soi est déjà une cause de gaspillage dû aux coûts exorbitants de la publicité, les «consommateurs» sont harcelés par des informations contradictoires et le solde actif d’un exercice comparable est absorbé par l’actionnariat», soutient encore Alexandre Eniline. «Certes, notre initiative en tant que telle n’a pas une portée révolutionnaire , ni ne constitue un remède miracle, mais elle constitue un progrès bienvenu et appréciable et pourrait servir de premier pas vers une réforme digne de ce nom du système de santé de notre pays», conclut le président du PdT.

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«Un pas dans la bonne direction»

«Cela va dans la bonne direction, mais ces deux initiatives seront plus compliquées à mettre en place que la nôtre.» Le PdT a tenu à réagir à l’annonce faite en début de semaine par les conseillers d’Etat genevois Mauro Poggia (MCG) et vaudois Pierre-Yves Maillard (PS) du dépôt prochain à la chancellerie fédérale de deux initiatives populaires concernant l’assurance-maladie. La première vise à permettre aux cantons qui le souhaitent de créer une «caisse de compensation», qui prélèverait les primes et participerait aux négociations sur les coûts de la santé. Tous les assurés ayant la même franchise payeraient la même prime et les caisses privées continueraient à exister.

La deuxième initiative veut interdire aux élus parlementaires fédéraux de toucher une quelconque rémunération en provenance d’une caisse maladie. «On ne comprend pas très bien à quoi rime de garde une myriade de caisses privées, si les primes sont prélevées par une seule caisse de compensation», note Alexandre Eniline, qui se félicite de la deuxième initiative qui est «indispensable».

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