La Fourmi rouge veut continuer d’avancer

Vaud• Dans l’arrondissement de l’Ouest lausannois, la gauche de la gauche se présente en force, sous la bannière Ensemble à Gauche-La Fourmi rouge, avec l’actuel député Vincent Keller qui présente les enjeux des élections cantonales.

«Notre liste comprend presque autant d’hommes que de femmes, de tout âge et profession. Elle compte plusieurs candidats qui ont déjà été conseillers communaux comme Daniel Rod à Chavannes, Chantal Keller Borel à St-Sulpice ou Isabelle Aparicio, ancienne présidente du conseil communal de Prilly», se félicite Nicole Haas-Torriani, présidente de La Fourmi rouge de Renens. Les deux élus à la municipalité de Renens, que sont Didier Divorne, ancien député et Karine Clerc, qui auraient pu tirer la liste, ne se présentent pas. «Nous sommes contre le double mandat», explique cette infatigable militante.

Député sortant, Vincent Keller se réjouit aussi d’une liste, qui représente des candidats issus de toutes les communes de l’Ouest lausannois et qui sont proches du terrain dans un arrondissement qui reste ouvrier, où la population est aux prises avec des difficultés économiques. Pour lui, la présence d’élus de la gauche de la gauche au Grand Conseil est indispensable pour représenter ces citoyens qui rament. «Nous servons d’aiguillon politique. C’est fondamental pour le débat démocratique», assure-t-il. Une présence d’autant plus importante que la politique vaudoise est cadenassée par un «compromis», qui ressemble de plus en plus à une «compromission» pour lui, entre le Parti Libéral-Radical et le Parti socialiste. «Les débats du Parlement sont cadenassés par le tandem Broulis-Maillard», relève l’élu.

Pour preuve de ses assertions, il rappelle que la formation Ensemble à Gauche a été la seule à s’opposer à la Réforme de l’imposition des entreprises III au niveau cantonal. Nous étions pour le volet social de cette réforme (hausse des allocations familiales et des subsides-maladie, création d’un fonds pour la santé des travailleurs et renforcement de l’accueil de jour) que tout le monde présentait comme urgent, mais la baisse massive des impôts sur le bénéfice pour les entreprises était inacceptable, car préjudiciable pour les finances publiques», souligne ce spécialiste en informatique et membre depuis de nombreuses années de la commissions des Finances de Renens, dont il a été le président. Il estime qu’aujourd’hui la réforme acceptée par les électeurs doit être rediscutée, du fait que la réforme fédérale, qui promettait une compensation de 120 millions au canton, a été rejetée dans les urnes.

Il relève aussi que si la dette cantonale du canton a été réduite, celle des communes, particulièrement les communes centre, a explosé. «C’est l’envers du miracle vaudois dont personne ne parle», critique-t-il. Et de citer un autre exemple de la combativité du groupe: «Nous avons soutenu jusqu’au bout l’initiative de l’Asloca, qui permettait de faciliter la création de logements bon marché et octroyait un droit de préemption pour le canton et les communes, au final, le Parlement a préféré un projet ultra-light. Pourtant la présidente de l’Asloca siège aussi au Grand Conseil! Elle qui a préféré sauver la place de Béatrice Métraux que de soutenir l’association», rappelle l’élu.

«Nous défendons ceux qui sont les oubliés du compromis. Notre programme est clair et comprend des points non-négociables comme, la lutte contre la précarité, une écologie sociale et politique plutôt qu’économique, une culture non-marchande ou encore l’égalité salariale homme-femmes», assène Vincent Keller. Il trouve particulièrement choquant que le Conseil d’Etat de gauche à majorité féminine ait proposé un contre-projet peu contraignant pour renforcer l’obligation de cette égalité pour les entreprises qui soumissionnent pour les marchés publics. «Le contre-projet du gouvernement est une rigolade», tranche le Renanais.

Défendre les services publics
Si l’élu entend défendre à l’occasion les intérêts de l’Ouest lausannois, notamment en matière de transports publics, il estime qu’il doit avant tout représenter globalement les intérêts de la population la plus fragilisée du canton. Parmi les revendications qu’il met en avant figure la défense des services publics. «Il est inadmissible que la Poste démantèle son réseau. Dans l’Ouest lausannois, il ne pourrait rester qu’un office pour 70’000 habitants. Nous nous opposerons à cette liquidation», assure Vincent Keller. Alors que de nouvelles propositions portées par le Vaudois Pierre-Yves Maillard et le Genevois Mauro Poggia concernant l’assurance-maladie émergent, il revendique la nécessité d’une assurance basée sur des cotisations proportionnelles au revenu. «Comme on le fait pour les impôts ou l’AVS, une véritable Sécurité Sociale», rappelle-t-il.

Quels sont les objectifs de la liste Ensemble à Gauche-La Fourmi rouge en termes électoraux? «Nous voulons au minimum maintenir un siège pour l’Ouest lausannois. Peu importe que ce soit moi ou un autre, car nous avons des candidats de valeur», signale Vincent Keller, qui revendique la nécessité d’avoir 5 élus au Grand Conseil. «Sans cela, nous ne pouvons pas former un groupe et nous ne pouvons pas avoir accès aux commissions, ce qui veut dire que nous ne pouvons tout simplement pas travailler.Ce parlement étant très peu démocratique avec les droits des petits partis.»

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