La gauche, combien de couleuvres?

Il faut le dire• «Est-il encore permis de voter à gauche?» Dans une tribune au "Monde", le psychanalyste Gérard Miller déplore la mise sous pression des électeurs de gauche pour les faire voter en faveur de Macron dès le premier tour. Et en Suisse, est-il encore permis d’être de gauche face à Prévoyance vieillesse 2020?

«Est-il encore permis de voter à gauche?» Dans une tribune au Monde, le psychanalyste Gérard Miller déplore la mise sous pression des électeurs de gauche pour les faire voter en faveur de Macron dès le premier tour.
Et en Suisse, est-il encore permis d’être de gauche face à Prévoyance vieillesse 2020? «Cette réforme se fait sur le dos des femmes: elles travailleront une année de plus pour financer ces 70 francs versés à l’arrosoir aux nouveaux rentiers», a déclaré une conseillère nationale. Ce n’est pas faux. Le problème, c’est que cette élue n’est autre qu’Isabelle Moret, encartée au PLR. C’est le monde à l’envers.

Le paquet Berset avait de bonnes chances d’échouer, mais les dirigeants de la gauche à Berne ont déployé des efforts pour le repêcher. Et on a fini par assister à cette scène surréaliste où la gauche du Parlement a fait passer cette contre-réforme en s’en félicitant vivement. «Cette confusion des esprits ne signe rien d’autre que l’actuelle victoire idéologique de la droite, qui pousse désormais des hommes et des femmes de gauche à cultiver la finasserie et le paradoxe comme les formes ultimes du pragmatisme», écrit Gérard Miller.

Certes, PV2020 renforce dans une certaine mesure l’AVS. Entre autres points positifs, ces 70 francs mensuels seront bienvenus pour des retraités qui doivent recourir aux prestations complémentaires. Mais ce petit coup de pouce ne bénéficiera qu’aux futurs rentiers. Et, outre le relèvement inadmissible de l’âge de départ à la retraite des femmes, on subira une baisse des rentes du 2ème pilier et une augmentation de la TVA antisociale.

Comme à chaque fois qu’on veut nous faire avaler une couleuvre, on nous dit que c’est un moindre mal. Il est permis d’en douter. Il n’est guère douteux en revanche que les combinaisons tortueuses et les renoncements en rase campagne rendent illisibles les positions de la gauche. Pour exprimer les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne et leurs inquiétudes, les classes populaires sont alors portées à s’en remettre aux populistes de droite.
Heureusement, le PST-POP, solidaritéS et des sections syndicales vont se mobiliser et ne pas laisser les stratagèmes et la résignation prendre la place des convictions et de la politique.

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