Ensemble à gauche contre Merck Serono

Vaud• Ensemble à gauche a mené la semaine dernière une action symbolique devant l'administration cantonale des finances et au siège de la multinationale Merck Serono, dans la commune de Coinsins. Le but: protester contre les exonérations fiscales offertes par le canton aux multinationales.

Ensemble à gauche a mené la semaine dernière une action symbolique devant l’administration cantonale des finances et au siège de la multinationale Merck Serono, dans la commune de Coinsins. Le but: protester contre les exonérations fiscales offertes par le canton aux multinationales. En plus d’assécher les ressources publiques et de transférer la charge fiscale sur les salariés, ces exonérations «sont négociées par le conseiller d’Etat en charge des finances, Pascal Broulis, et par son administration, dans des conditions totalement opaques, indignes d’un Etat démocratique», critique Ensemble à Gauche, qui estime que cette pratique constitue «une violation crasse du principe d’égalité devant l’impôt». Merck «a dégagé 4,5 milliards de bénéfices en 2016», rappelle la coalition de gauche.

Elle pointe surtout le fait que les communes ne sont pas forcément au courant des conditions fiscales faites aux multinationales, celles-ci n’étant pas toujours à leur avantage. Ainsi, le syndic de Coinsins Bernard Gétaz indiquait récemment au quotidien 24 heures, ne pas connaître les conditions d’imposition de Merck Serono. La petite commune pratique l’un des taux parmi les plus bas du canton et semblait jusque-là se satisfaire de la situation. Mais depuis une révision de la péréquation en 2011, sa contribution a augmenté et le syndic déchante. «La situation est ubuesque. Merck nous coûte plus cher qu’elle nous rapporte», déclarait-il encore au 24 heures, annonçant son intention d’entamer «une discussion avec l’Etat».

Les solutions d’Ensemble à Gauche: un taux d’imposition communal unique, pour éviter la concurrence fiscale entre communes telle que celle pratiquée par Coinsins, «partiellement responsable de la situation», la fin des exonérations fiscales aux multinationales et une révision de la RIE3 vaudoise, notamment le remplacement du taux de 13,79%, voté avant le rejet du projet fédéral, par «un taux dont le bilan est neutre sur le plan des rentrées fiscales, une fois supprimés les statuts spéciaux». Un taux plancher de 16% au niveau fédéral est aussi défendu.

Une lettre a été adressée à Pascal Broulis, au syndic de Coinsins, ainsi qu’à Merck Serono. «Nous vous proposons de renoncer de plein gré aux privilèges fiscaux octroyés à votre société et ses actionnaires», mentionne cette dernière.

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