La fonction publique genevoise en alerte pour sa caisse de pension

Genève• le Conseil d’Etat veut faire passer la Caisse de pension de l'Etat de Genève d’un système basé sur la primauté des prestations à la primauté des cotisations, ce dernier étant nettement plus défavorable aux salariés. La gauche et les syndicats protestent

CPEG? Sous cet acronyme se cache la caisse de pension de l’Etat de Genève, née de la fusion en 2013 de la CIA et de la CEH, approuvée par les Genevois. Aujourd’hui, celle-ci doit être renflouée pour respecter les normes fédérales de 2010 qui exigent un taux de couverture de 60% en 2020 et de 80% en 2052. Pour ce faire, le Conseil d’Etat a annoncé début avril qu’il serait prêt à recapitaliser la caisse en échange du passage d’un système basé sur la primauté des prestations à la primauté des cotisations, ce dernier étant nettement plus défavorable aux salariés.

Contre-projet de la gauche et du MCG
Face à cette menace, Ensemble à Gauche, les socialistes, le MCG et les Verts ont déposé le 10 avril dernier un projet de loi alternatif, visant une capitalisation d’environ un milliard (800 millions d’apport de l’État + 200 millions sous forme de cotisations supplémentaires à charge des assurés de 0,55 % pendant 12 ans et demi) «pour parer à l’urgence avec laquelle le Conseil d’État aimerait soudain traiter ce dossier». Leur projet sera discuté le 24 avril au Grand Conseil, quelques jours avant une réunion importante et décisionnaire du comité de la CPEG, présidée depuis décembre 2016 par Eric Alves de Souza, avocat très contesté par les syndicats.

Mobilisation le 4 mai
L’assemblée des délégués du Cartel syndical, qui a vu le retour du syndicat SSP dans ses rangs après la bisbille occasionnée par la fusion des caisses de retraite, a d’ores et déjà pris la décision d’un mouvement de mobilisation le 4 mai, jour de la réunion du comité de la CPEG, qui devrait annoncer de nouvelles baisses de prestations. Le Cartel estime que celles-ci pourraient être de l’ordre de 15 à 20%. «Ce qui fera des baisses totales de 35 à 40% en comptant celle relative à la fusion de 2013 et celle par rapport à l’augmentation de l’âge pivot de la retraite passé de 64 à 65 ans», calcule le Cartel, qui a lancé une pétition «pour le maintien des prestations CPEG». En parallèle, l’assemblée des délégués du Cartel a aussi décidé à ses représentants de continuer ses rencontres, entamées à la mi-janvier, avec le Conseil d’Etat, en revendiquant une capitalisation suffisante de la caisse, le maintien des prestations actuelles et le gel des décisions du comité de la CPEG.

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