Plébiscite pour la caisse maladie publique

Il faut le dire• L'idée d'une caisse maladie publique séduit de plus en plus de Suisses.

En mars dernier, les économistes de Crédit Suisse estimaient que les dépenses de santé étaient susceptibles d’augmenter de plus de 3% par an jusqu’en 2040. Conséquence pour les assurés: un presque doublement des primes d’assurance maladie moyennes par habitant à cette date, la prime moyenne pouvant passer de 274 francs à 517 francs, soit une hausse de 44% sur la durée!

Ces experts relevaient aussi que le système de santé représentait 70 milliards par année, «soit 10% de la performance économique annuelle», tout en omettant de préciser que la quote-part à la charge des assurés à travers les primes d’assurance était toujours une des plus hautes du monde. Aujourd’hui, on peut d’ailleurs se demander si la hauteur astronomique des primes, plutôt que de pousser les usagers à «se responsabiliser» comme le défend la droite, ne les incite pas plutôt à consommer davantage. Un comble. Le système est malade.

Dans tous les cas de figure, ce cycle inflationniste s’avère d’ores et déjà intenable pour les familles et grèvera encore plus les budgets des ménages. L’urgence est bien de réduire la progression continuelle des primes. Outre l’augmentation des subsides, cautères destinés à faire oublier que les primes ne sont toujours pas proportionnelles au revenu dans notre pays, des pistes ont été lancées comme l’exemption de primes pour les enfants ou la limitation de leur montant à 10% du revenu net des ménages, comme cela est prévu dans le canton de Vaud dans le cadre de la RIE III.

Mais il faut aller plus loin. Face à la multiplicité des caisses qui n’offrent qu’une pseudo-concurrence opaque dans l’assurance obligatoire et qui multiplient les frais administratifs, de gestion et de publicité, l’idée de créer une caisse maladie publique reste une option, qui séduit de plus en plus. Selon une enquête Sofia publiée par Le Temps, elle serait même plébiscitée à 67% par les Suisses, qui l’ont refusée par deux fois en 2007 et 2014.

Alors chiche? Deux initiatives sont actuellement sur le tapis. Celle du duo Maillard-Poggia qui veut créer des caisses cantonales ou intercantonales «de compensation», permettant de fixer les primes. De son côté, le PdT est en pleine récolte de signatures à Genève pour son initiative pour une caisse cantonale publique à but social. A vous de jouer.

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