Bradage social

Il faut le dire• Un bradage social, c’est le sentiment que dégage le phénomène d’«outsourcing» dans les entreprises proches de la Confédération. Celles-ci confient en effet de plus en plus de mandats à des entreprises privées. Pour ne citer que quelques exemples, La Poste a ainsi externalisé sa flotte interne de poids lourds, provoquant la suppression de 187 emplois, et le contrôle des adresses de colis au Vietnam...

Un bradage social, c’est le sentiment que dégage le phénomène d’«outsourcing» dans les entreprises proches de la Confédération. Celles-ci confient en effet de plus en plus de mandats à des entreprises privées. Pour ne citer que quelques exemples, La Poste a ainsi externalisé sa flotte interne de poids lourds, provoquant la suppression de 187 emplois, et le contrôle des adresses de colis au Vietnam.

De son côté, Swisscom a confié ses services généraux à ISS, 250 employés ont perdu leur poste de travail ou ont été forcés de changer d’employeur. Les CFF, eux, impriment désormais leur magazine Via en Allemagne. Enfin, Armasuisse a commandé 80’000 paires de bottes en Roumanie où les salaires sont de 300 francs…

Les conséquences pour les travailleurs sont évidentes: les conditions d’embauche et de travail se dégradent. Les entreprises qui obtiennent un mandat ne sont le plus souvent pas soumises à une convention collective de travail. Il en est ainsi de la société Serafe, qui remplacera Billag pour l’encaissement de la redevance audiovisuelle. Ou encore d’Axians.

Comme le relève Syndicom, le syndicat des médias et de la communication, dans le dernier numéro de son journal, cette filiale du groupe Vinci a décroché la construction du réseau de fibre optique au détriment d’acteurs suisses sans avoir conclu de CCT, condition posée jusqu’alors par Swisscom, ni jamais d’ailleurs posé un seul mètre de fibre.
Ces externalisations n’ont pour seul but que d’améliorer les bilans. Formés à l’école néolibérale, les cadres aux commandes ne se soucient guère de la spirale de sous-enchère salariale qu’entraînent les «optimisations» comptables. Il faudra un jour remplacer ces «gestionnaires» obnubilés par les résultats financiers, qui travaillent à l’encontre de l’intérêt général et souvent du bon sens, par des «politiques» soucieux du bien commun et du devenir de la collectivité.

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