Bravo et merci aux référendaires

Il faut le dire• Honneur aux syndicalistes et à tous les militants et les militantes qui sont descendus dans la rue pour récolter des signatures contre Prévoyance vieillesse 2020, permettant au peuple de se prononcer le 24 septembre prochain sur l’élévation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans et la baisse des rentes du 2ème pilier...

Honneur aux syndicalistes et à tous les militants et les militantes qui sont descendus dans la rue pour récolter des signatures contre Prévoyance vieillesse 2020, permettant au peuple de se prononcer le 24 septembre prochain sur l’élévation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans et la baisse des rentes du 2ème pilier.

Honte, a contrario, aux directions syndicales et au Parti socialiste suisse (PSS), qui s’apprêtent à dépenser près d’un million en faveur de ce projet. La plus grande partie de cette manne sera pompée dans les fonds syndicaux. On prendra ainsi 2 francs à chaque syndiqué pour mener campagne en faveur d’une contre-réforme sur le dos des travailleurs et des femmes, un comble. Les artisans du compromis passé avec les démocrates-chrétiens ne font preuve d’aucune retenue.

Nulle circonspection non plus dans l’argumentation. Il n’y a pas de plan B affirment les dirigeants compromis de l’USS et du PSS. Comptant sur la peur, méthode éprouvée, ils agitent l’épouvantail d’une retraite à 67 ans pour tous en cas de refus en votation. Comme si les citoyens pouvaient accepter une telle mesure juste après avoir rejeté les 65 ans pour les femmes! Plus réalistes, le PLR et les milieux patronaux tablent sur une révision limitée à 65 ans et à une augmentation de 0,6% de la TVA. Quoi qu’il en soit, PV2020 ne consolidera l’AVS que pour une dizaine d’années. L’âge de départ reviendra rapidement et immanquablement sur le tapis. Et accepter les 65 ans pour les femmes ouvrira justement la porte à un nouveau recul.

Mais les dirigeants à Berne semblent si coupés du monde du travail qu’ils s’imaginent que la majorité des salariés sont prêts à trimer plus longtemps moyennant une amélioration des rentes. Il serait utile que ces responsables, qui bénéficient souvent d’une retraite anticipée avantageuse, quittent de temps à autre leurs bureaux pour effectuer des stages en entreprise, derrière un tapis de caisse par exemple, pour appréhender le sacrifice qu’implique la contrepartie.

Ces hommes d’appareil risquent de se prendre une jolie mandale populaire le 24 septembre. Malgré un budget modeste, les référendaires ont en effet de bonnes chances d’emporter la victoire.

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