Une initiative qui fait d’une pierre deux coups

Genève• Le Cartel intersyndical et l’Asloca veulent renflouer la caisse de pension des fonctionnaires et construire du logement à loyer abordable.

L’initiative vient d’être lancée et s’intitule «Sauvegarder les rentes en créant du logement». Elle vise recapitaliser la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG), comme l’exigent les chambres fédérales. Pour ce faire, le texte demande que l’Etat cède à la CPEG des terrains constructibles ou des droits à bâtir. «Les terrains situés dans le secteur à construire de Praille Acacias Vernets (PAV) et destinés au logement (hors HBM) seront en priorité utilisés dans ce but», précise l’initiative. Pour justifier leur démarche, le Cartel et l’Asloca rappellent que les caisses publiques sont soucieuses de garantir des rendements stables sur le long terme. «Le but légal et statutaire des caisses, en particulier publiques, soustrait en pratique les logements dont elles sont propriétaires de la spéculation. C’est un avantage indéniable pour les locataires», expliquent les initiants. Ils soulignent aussi le fait que les caisses cherchent à investir dans la construction de logements locatifs à loyer abordable, ce qui leur offre un placement sûr et rentable à long terme.

L’initiative tient aussi à préciser qu’elle n’empiétera pas dans les prérogatives de l’Etat en matière de construction d’ouvrages d’utilité publique ou équivalents. «L’initiative ne modifie ni les principes d’aménagement ni la politique sociale du logement ni l’exigence de construire des logements sociaux HBM gérés par les fondations immobilières de droit public. La possibilité d’attribuer des terrains à des coopératives et d’autres bailleurs sans but lucratif demeure», précisent ainsi les initiants dans un communiqué.

Pour bétonner la recapitalisation

Pour bétonner la recapitalisation de la CPEG, les initiants ont aussi précisé que tant qu’il n’existe pas suffisamment de terrains constructibles ou de droits à bâtir pour atteindre la capitalisation nécessaire, l’Etat doit procéder à la capitalisation, en tout ou partie, sous d’autres formes, par exemple sous forme de «prêt simultané» remboursable. Le Cartel et l’Asloca estiment que cette initiative sera profitable aussi bien aux 45’000 affiliés à la CPEG qu’aux locataires et habitants du canton ainsi qu’à l’Etat et aux salariés-contribuables. La récolte de signatures court jusqu’au 23 décembre.

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