Pied au plancher pour des augmentations

Suisse• Les ouvriers de la construction descendront dans les rues le 21 octobre pour demander une revalorisation de leurs salaires.

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«Après trois ans de blocage des salaires des maçons, nous revendiquons une augmentation de 150 francs par mois pour 2018 et 2019», explique François Clément, coordinateur romand du gros œuvre au syndicat Unia. Pour faire entendre leurs revendications auprès de la Société suisse des entrepreneurs (SSE), la centrale et le syndicat Syna organisent une journée de protestation à Lausanne, Olten et au Tessin ce 21 octobre sous le slogan «Maintenant, c’est l’heure de la paye!».

«Les primes d’assurance maladie augmentent chaque année et les loyers ne baissent pas. Il est temps de revaloriser le pouvoir d’achat des salariés», justifie François Clément. Il rappelle aussi que la productivité horaire des maçons est en hausse constante et ce «malgré une baisse des effectifs sur les chantiers». Les syndicats veulent aussi une augmentation des indemnités repas et de transports. Le représentant d’Unia souligne également que le secteur de la construction est florissant et se porte bien. La SSE reconnaît elle-même qu’au premier semestre 2017, les chiffres d’affaires du secteur principal de la construction ont augmenté de 6% à 9,5 milliards par rapport à l’année précédente. «Les entrepreneurs doivent entrer en discussion sur nos revendications et avoir la décence d’accéder à nos demandes», estime François Clément.

Une première action de mobilisation avait déjà eu lieu le 17 juin dernier sur la Place fédérale à Berne. 400 délégués du secteur, réunis à l’occasion d’une Landsgemeinde du bâtiment, avaient symboliquement inscrit leur revendication d’une augmentation des salaires avec des briques posées à même le sol.

Ces premiers tours de chauffe serviront de prémices à la mobilisation en prévision de la renégociation totale de la CCT du secteur, qui aura lieu fin 2018 début 2019. Rappelons qu’en 2016, aucune augmentation de salaire n’avait été accordée à l’occasion du précédent renouvellement de la CCT nationale. Les salariés avaient même vu une majoration de 0,5% de leurs cotisations salariales à la Fondation pour la retraite anticipée (FAR), fondation constituée par les partenaires sociaux qui finance la retraite anticipée à 60 ans.

Autant dire que les maçons ne veulent pas s’en laisser conter. «Nous construisons la Suisse: les villas, les immeubles locatifs, les écoles, les hôpitaux et les routes. Et après ça, nos patrons nous refusent une hausse générale de salaire. Notre travail de qualité n’est donc plus apprécié? C’est une question de dignité!», estime Eugenio Lopes, un maçon syndiqué à Unia.

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