La lutte des travailleurs d’ABB Sécheron sur la bonne voie

Genève• Après l’annonce de la suppression de 100 postes fixes et de 43 postes d’intérimaires sur le site d’ABB Sécheron, la riposte s’organise.

La colère et l’incompréhension ne faiblissent pas suite au coup de force d’ABB, qui a prévu de délocaliser d’ici 2019 en Pologne une grande partie de la production des transformateurs de traction (utilisés dans la fabrication des trains), laissant sur le carreau 150 salariés à Genève. «Le site est bénéficiaire. Le groupe ABB, dont le patron gagne 9,4 millions de francs par an, sacrifie ainsi sur l’autel du profit des emplois hautement qualifiés et un site de production à la pointe de l’innovation», fulmine le syndicat Unia, qui soutient le personnel. Réuni cette semaine en assemblée, celui-ci a voté une résolution demandant à la direction du groupe de retirer le plan de restructuration. Des éventuelles mesures de lutte sont aussi en préparation.

Remboursement des aides publiques
De leur côté, le département de la sécurité et de l’économie (DSE) de Pierre Maudet et celui de l’emploi, de l’action sociale et de la santé (DEAS) de Mauro Poggia ont décidé de mettre en place une task force. Celle-ci se donne comme mission «d’élaborer une solution qui permette de sauvegarder l’entier du site genevois en proposant une réorientation de l’activité du site vers l’innovation». Les autorités rappellent qu’ABB a bénéficié de subsides de la Confédération et du soutien financier du canton de Genève.

Les partis politiques bougent aussi. En solidarité avec ces travailleurs et leur syndicat, Ensemble à Gauche (EàG) a déposé avec le PS en urgence au Grand Conseil une motion. Le texte demande au Conseil d’Etat de «mettre en œuvre tous les moyens économiques et politiques, notamment l’exigence du remboursement des aides publiques reçues, permettant d’exercer des pressions sur la direction du groupe ABB». Le texte veut aussi que le gouvernement fasse «un rapport détaillé sur l’histoire et l’état du secteur industriel genevois, en particulier l’industrie des métaux et machines». Celui-ci doit servir de base pour débattre de propositions structurelles permettant combattre la désindustrialisation et la perte d’un patrimoine industriel du canton.

Un débat s’impose
«ABB, le plus grand groupe industriel de Suisse, a vu son bénéfice net bondir de 23% sur un an, ascendant à 1,8 milliard les 9 premiers mois de 2017… et il casse l’emploi à Genève. Cherchez l’erreur… ou le rapport», vitupère EàG. «Un débat s’impose donc sur des mesures structurelles de politique économique pour faire face à cette situation. L’exemple de Merck Serono l’a montré, considérer qu’on fait une politique industrielle en arrosant juste des grandes entreprises de cadeaux fiscaux est un plan en échec», conclut la coalition de la gauche combative.

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