Les peintres qui ont exalté le Valais sont à l’honneur

Exposition• Au Vieil Arsenal, la Fondation Gianadda propose de «découvrir le Valais» à travers une sélection des œuvres acquises depuis 1942 par la BCVs.

Si vous n’avez pas encore vu la magnifique exposition Cézanne à Martigny, ne la manquez pas! Et accessoirement, au Vieil Arsenal, allez voir les œuvres présentées dans le cadre du centenaire de la Banque Cantonale du Valais. Celle-ci, depuis 1942, a réuni une collection de plus de 560 œuvres. En voici une intéressante sélection.

Ces tableaux sont essentiellement liés à l’identité valaisanne, vraie ou mythique. On y verra notamment plusieurs représentants de la fameuse Ecole de Savièse, qui se situe en gros au tournant des 19e et 20e siècles et au-delà. Il est intéressant de noter que la plupart des peintres qui la composaient n’étaient pas valaisans! Ces Genevois, Vaudois ou Neuchâtelois allaient chercher en Valais une terre restée pure et préservée du modernisme …ce qu’elle n’était déjà plus, car en train de vivre de grands bouleversements, comme la canalisation des eaux du Rhône et les premiers barrages hydroélectriques.

Montagnes immaculées
Que peignaient donc Ernest Biéler, Edmond Bille, François de Ribaupierre, Charles-Clos Olsommer ou Edouard Vallet? Des Saviésanes en costume et coiffe traditionnels, des scènes liées à la religiosité (prière, noce, enterrement), des hommes et des femmes occupés à des travaux artisanaux immuables. On remarquera que la plaine est quasi absente de leurs œuvres. Ils ont représenté surtout les montagnes, considérées comme immaculées et plus proches du divin. Une conception bien rousseauiste! Notons une belle grande toile de Kaspar Käsli, Le glacier du Rhône (1878), avec le bleu extraordinaire de la glace, à l’époque où celle-ci n’avait pas encore fondu… Certains artistes se laissèrent néanmoins influencer par le goût de leur époque: par exemple les Jeunes Saviésanes de Biéler sont montrées devant un fond de fleurs très connoté par l’Art nouveau.

Parmi les peintres plus actuels, le bien connu Albert Chavaz (1907-1990), qui reprend des thèmes assez traditionnels, dans un style néanmoins plus sobre. Quelques belles natures mortes semblent s’inspirer du purisme de l’Italien Morandi. Et l’on termine avec une vue de Sion de Fernand Dubuis, aux accents timidement cubistes. Voilà donc une exposition intéressante, tant sur le plan pictural que par une certaine image qu’elle montre du Valais.

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Collection d’art de la Banque Cantonale du Valais, Vieil Arsenal, Fondation Gianadda, jusqu’au 19 novembre.

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