Une revue qui veut faire voir du jamais vu

Littérature• Une équipe de passionnés vient de lancer «La cinquième saison», une nouvelle revue littéraire romande

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Les revues littéraires ont fleuri en Suisse romande depuis le début du 20e siècle, à l’image des fameux Cahiers vaudois. Hélas, fort peu ont résisté bien longtemps aux impératifs financiers. Il faut donc saluer l’audace et le courage de la petite équipe – hommes et femmes – d’amoureux de la littérature qui vient de lancer La cinquième saison. Parmi eux, on trouve Julien Sansonnens, bien connu de nos lectrices et lecteurs. Pourquoi ce titre étrange? La cinquième saison est celle qui n’existe pas …encore? La revue veut donc «faire voir du jamais vu», en dehors des chapelles littéraires et sans cultiver l’élitisme. Sur ce dernier point, il y a encore du travail à faire: on le constate à la lecture de certains textes un peu abscons.

Un portrait d’auteur dans chaque numéro
Bénéficiant d’un graphisme moderne et d’une présentation aérée, La cinquième saison séduit par la variété de son contenu. Jean-Louis Kuffer dresse un panorama, certes subjectif, de la littérature romande en ce début du 21e siècle. Puis plusieurs textes – dont la majorité des auteurs est féminine – sont centrés sur la grossesse et la naissance de l’enfant, avec tout ce qu’elles peuvent entraîner à la fois d’attente et de rejet. Cela dans la partie bien nommée «In utero». Suit un inédit de Jacques Chessex qui décrit excellemment l’humour chez Charlie Chaplin.

La poésie n’a bien sûr pas été oubliée. On a aimé les «Poèmes croisés» d’Alberto Nessi et Jérôme Meizoz, chacun des deux ayant traduit les vers de son alter ego. Belle ouverture par ailleurs à la culture tessinoise! Pas de revue littéraire digne de ce nom sans critiques de livres. On retiendra notamment les propos particulièrement pertinents de Laure Federiconi sur les textes d’Ella Maillart, dont la valeur littéraire n’égale hélas pas les éminentes qualités de la voyageuse et aventurière. N’est pas Nicolas Bouvier qui veut. Relevons aussi, dans la «Tribune libre», les propos à la fois remplis d’espoir et désabusés de Rafik ben Salah, établi en Suisse, sur son pays d’origine, la Tunisie, depuis la révolution qui a chassé Ben Ali. Chaque numéro comportera un portrait d’auteur. Le No 1 est consacré à Corinne Desarzens, «libertaire littéraire», qui s’inspire à la fois de son vécu intime, fût-il érotique, et de ses nombreux voyages, notamment dans les Balkans.

Chacun des nombreux écrivains romands – hommes et femmes – ayant contribué au lancement de La cinquième saison a droit à une brève présentation biographique. Puisse cette nouvelle revue littéraire romande trimestrielle, en vente en librairie ou par abonnement, connaître le succès et une longue vie!

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