Des coupes qui ne passent toujours pas!

Genève • Le comité unitaire contre les coupes budgétaires en Ville de Genève vient de lancer sa campagne pour la votation communale du 4 mars.

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La détermination est toujours la même. Après l’annulation du vote du 24 septembre, dans les circonstances que l’on sait, sur les coupes de 2,5 millions dictées par la droite dans le budget 2017 de la Ville de Genève et combattues par Ensemble à Gauche (EàG), les opposants repartent au combat. «Il est important que la population donne un signal clair le 4 mars à la droite et refuse les réductions de budget dans le social, l’administration, la culture et la coopération», explique Tobia Schnebli, conseiller municipal EàG. Pour les Verts, Laurence Corpataux en appelle à refuser les coupes dans l’allocation de rentrée scolaire (devenus depuis la rentrée 2018 des bons à faire valoir dans un réseau de points de vente genevois). «Cette coupe est injustifiée. Ces allocations, budgétées à 540’000 francs par le Conseil administratif, répondent à des besoins», souligne l’élue écologique.

Tout en rappelant que la population s’était déjà opposée à des mesures semblables en juin 2016, Sylvain Thévoz, conseiller municipal socialiste, dénonce les coupes «linéaires et aveugles» de 963’000 francs décrétées par la droite dans la culture, secteur qui emploie 27’866 personnes. «Ces mesures d’austérité sont d’autant plus injustifiées que les finances sont saines, que la Ville rembourse sa dette et que les comptes 2017 seront sûrement bénéficiaires. Nous opposons à des mesures qui sapent le lien social, la richesse ou l’attractivité de la Ville», précise l’élu, qui cite un rapport de l’Université de Genève, qui montre qu’un franc investi dans la culture en rapporte 3.

Mise en péril de projets au Sud
Pour sa part, Catherine Schümperli Younossian, secrétaire générale, de la Fédération genevoise de coopération, critique la réduction de 340’000 francs du budget de la coopération internationale. «Chaque coupe met directement en péril des activités prometteuses et positives. Avec une telle somme, Terre des Hommes Suisse peut, par exemple, soutenir, neuf associations au Burkina Faso actives dans la promotion du droit à l’éducation, à l’alimentation et contre les pires formes de travail», souligne-t-elle.

Pas en reste, le représentant du Cartel intersyndical, Davide De Filippo rappelle l’attachement des syndicats au service public, menacé par des coupes dans des secteurs comme l’entretien des parcs et jardins, le service des sports ou du feu et craint pour les emplois. «Avec son projet de coupes, la droite anticipe déjà les pertes qu’occasionnera la réforme cantonale de l’imposition des entreprises. C’est inacceptable», décrète le secrétaire syndical du SIT. «Nous sommes confiants pour la votation, mais il est important que la population fasse entendre massivement son opposition dans les urnes», conclut Tobia Schnebli.