Les Fêtes à la croisée des chemins

Genève • Les électeurs de la Ville devront se prononcer le 4 mars sur l’avenir des fameuses Fêtes de Genève, en départageant une initiative populaire et son contre-projet.

L’initiative pour des Fêtes de Genève plus courtes et conviviales prévoit que le Grand feu d’artifice sera maintenu. (photo: Yves Merckx).

Organisées depuis 95 ans par l’Office du tourisme et la Fondation Genève Tourisme & Congrès, fondation privée reconnue d’utilité publique, les Fêtes de Genève viennent de vivre deux années calamiteuses en raison de lourds déficits. En 2017, les pertes des fêtes, qui ont duré dix jours, ont atteint 3,2 millions, un trou tel qu’il met en péril l’édition 2018 et a conduit au licenciement du directeur général de la Fondation, ainsi que de l’organisateur des Fêtes 2017. C’est dans ce contexte que les habitants de la Ville devront se prononcer sur une initiative intitulée «Pour des Fêtes de Genève plus courtes et plus conviviales», texte soutenu par Ensemble à Gauche (EàG) et un contre-projet du Conseil administratif, ratifié par le Conseil municipal.

Un Barnum commercial
Lancée par Jean Barth, militant déjà connu pour ses initiatives victorieuses contre la fumée dans les endroits publics ou contre les chiens dangereux, l’initiative considère globalement que les Fêtes se sont transformées au fil des ans en Barnum commercial et tapageur, loin de leur aspect populaire et convivial des origines. «Il y a les nuisances sonores pour les gens habitant à proximité. Mais tout le canton est impacté. J’ai compté qu’entre le début de l’installation, le démontage et la réfection des pelouses, il y a 90 à 95 jours où l’on ne peut pas profiter du périmètre de la rade, pour pique-niquer ou se promener, à la meilleure période de l’année», confiait-il dans les colonnes du Matin.

Face à ces désagréments, le texte propose donc de raccourcir la durée de l’événement et que les Fêtes, les pré-Fêtes et leurs annexes (Lake Parade) se déroulent au maximum durant une semaine. L’autre objectif du texte est de rendre la manifestation plus conviviale, en rendant les prix des consommations plus accessible et en faisant la promotion d’artistes locaux et de la diversité culturelle. La tâche de superviser ces engagements serait attribuée à un comité composé de 8 personnes, réunissant des spécialistes et des acteurs représentatifs des activités culturelles en Ville de Genève, ainsi que des représentants des associations de quartier et d’habitants concernés. Le Grand feu d’artifice serait maintenu. Pour finir, l’espace destiné aux forains se tiendrait prioritairement sur la Plaine de Plainpalais.

Une durée de 11 jours
Face à cette initiative, les autorités proposent un contre-projet, soutenu par les socialistes, le PDC, le MCG, l’UDC, mais ni par le PLR, qui défend des fêtes d’une longueur de 17 jours, ni par les Verts. Ces derniers, qui appellent à un double Non, considèrent qu’il faut «repenser plus largement ces Fêtes, voire de lancer une réflexion globale sur les activités estivales à Genève».

Le contre-projet maintient la responsabilité de l’organisation de la manifestation à la Fondation Genève Tourisme & Congrès. Il garde aussi le feu d’artifice, tout en limitant la durée des Fêtes à 11 jours, afin de permettre de générer des revenus suffisants pour l’organisateur. La manifestation estivale doit aussi être «conviviale», s’adresser aux Genevois, à la région et aux touristes, «tout en limitant les nuisances pour les riverains».

Pour sa part, Ensemble à Gauche refuse le contre-projet: «Il n’est qu’un léger remaniement de la situation actuelle et n’est pas suffisant pour sortir du gigantisme et de la grosse machinerie des fêtes, qui perturbent les quartiers. Il faut vraiment organiser une fête à visage humain», tranchait Tobia Schnebli, conseiller municipal d’EàG sur les ondes de Radio Lac.