La mobilisation de la fonction publique vaudoise a payé

Vaud • Suite à la forte mobilisation de janvier, le Conseil d’Etat s’est rallié à la demande de retrait du plan de financement de la CPEV.

Le 25 janvier dernier, 3000 fonctionnaires (6000 selon le SSP) de l’Etat de Vaud ont manifesté dans les rues de Lausanne contre le plan de financement prévu pour leur caisse de pension, la CPEV, à partir de 2019. Un millier, selon le SSP, s’est aussi mis en grève, principalement parmi les enseignants. Une mobilisation qui s’est avérée payante, puisque le Conseil d’Etat a annoncé le lendemain qu’il se joindrait aux syndicats pour demander le retrait du plan de financement jusqu’à la prochaine échéance où il doit être revu, soit en 2022.

Les fonctionnaires se mobilisaient depuis plusieurs mois et avaient déjà manifesté en novembre dernier (notre édition du 24 novembre). Le plan contesté, justifié par des prévisions de rendement pessimistes, incluait notamment le report de deux ans de l’âge de leur retraite et la baisse du taux technique de 3,25% à 2,7%. L’incompréhension des salariés de l’Etat était d’autant plus forte qu’il intervenait alors que la santé financière de la caisse est excellente, avec un rendement de 8% environ en 2017 et un taux de couverture élevé.

Les négociations menées depuis novembre entre les syndicats, la caisse de pension et le Conseil d’Etat, piétinaient. «Les divergences se sont affirmées. Nous demandons le retrait du plan présenté par le conseil d’administration alors que le Conseil d’Etat ne veut que l’atténuer», expliquait Aristides Pedraza, du syndicat SUD, au Courrier peu avant la mobilisation. Le Conseil d’Etat proposait notamment une augmentation de la cotisation des employés en échange d’un maintien de la retraite à 63 ans, ainsi que d’autres mesures compensatoires.

Préavis de grève levé
Suite au revirement de l’exécutif, une lettre demandant le retrait du plan de financement, cosignée par les syndicats et le gouvernement, a été adressée au conseil d’administration de la caisse de pension, mais le dernier mot reviendra toutefois à l’autorité de surveillance de Suisse occidentale. Dans l’attente, un préavis de grève pour le 6 février a été levé. La fonction pu-blique a cependant annoncé qu’elle demeurait sur le pied de guerre en cas d’échec de la démarche.