La «manif monstrueuse» redémarre

Genève • Plus d’une trentaine d’organisations appelle à manifester le 17 mars pour défendre le droit à la ville et des logements accessibles à tous.

Ils remettent ça. Après deux manifestations, qui ont regroupé à chaque fois plus de 2’000 personne en juillet et octobre 2017, la trentaine de signataires du Comité unitaire pour le droit à la ville (qui vont de l’Asloca Genève à la gauche, en passant par les syndicats et une myriade de collectifs comme Perce-frontière, Xénope ou La culture lutte) redescendront dans la rue pour «prendre la ville».

Au menu: une vingtaine de revendications «afin que Genève se construise pour et avec sa population et cesse de servir les intérêts des banques, assurances, régies, spéculateurs et autres profiteurs». Les participants défendent ainsi un droit au logement et la priorité de la ville sur la propriété privée, le gel des autorisations de construire des surfaces commerciales, l’arrêt immédiat des expulsions locatives ou l’interdiction de profit sur les loyers. Ils revendiquent aussi l’exportation des bâtiments laissés vides par leurs propriétaires.

Milieux de l’asile, culturels et étudiants sont de la partie
D’autres requêtes plus sectorielles sont aussi articulées. Les milieux culturels demandent la création de lieux culturels autogérés et pluridisciplinaires, alors que les étudiants réclament une augmentation des subventions pour le logement des étudiants et des places pour les personnes en formation. Les milieux de l’entraide veulent en finir avec le logement des requérants en bunkers, l’abandon d’un centre fédéral au Grand-Saconnex ou le gel de la destruction des foyers d’hébergement.

«La construction de logements abordables, la défense contre les expulsions ou encore la lutte contre la gentrification doivent être au centre de la politique du logement. Mais il est également urgent que la population elle-même se réapproprie la ville», soulignent les membres de solidaritéS jeunes. «Seuls jusqu’ici les besoins individuels, avec leurs motivations marquées par la société dite de consommation ont été prospectés et plutôt manipulés qu’effectivement connus et reconnus. La réflexion se voit donc astreinte à redéfinir les formes, fonctions, structures de la ville ainsi que les besoins sociaux inhérents à la ville», annonçait déjà il y a 50 ans le philosophe français Henri Lefebvre, dont le livre Le droit à la ville fait l’objet de plusieurs colloques ce printemps dans l’Hexagone.