Le moral des employés d’ISS vole bas

Genève • Responsables de l’accueil des passagers à l’aéroport de Cointrin, les 150 salariés d’ISS sont dans l’expectative sur leur avenir, suite au transfert du mandat à Securitas. Ils ont déposé une pétition auprès de la direction de l’aéroport de Genève.

Tous les cinq ans, l’aéroport international de Genève (AIG) remet au concours les mandats de différentes prestations de service au sein de la structure aéroportuaire. En février, celui-ci a attribué à la société Securitas la charge de l’accueil des passagers avant contrôle de sécurité, au détriment d’ISS, qui en était responsable depuis 5 ans.

Qu’adviendra-t-il du personnel de cette dernière entreprise? Les 150 salariés d’ISS, dont une majorité travaille à temps partiel, ce qui les oblige à cumuler deux emplois, soutenus par les syndicats SSP et Unia, craignent un licenciement. «Selon l’article 333 du Code des obligations (CO), l’acquéreur doit pourtant rependre l’ensemble du personnel et maintenir les conditions de travail», a expliqué devant la presse Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical SSP Trafic aérien. Selon la Tribune de Genève, le directeur de l’aéroport, André Schneider, défend cette solution, alors que le chef du département RH de Securitas, s’est dit prêt à engager du personnel d’ISS.

A cheval sur deux CCT
Les conditions de salaires seront-elles les mêmes? Le personnel de Securitas est soumis à la CCT de la sécurité, avec un salaire à temps partiel se situant entre 24,25 et 25,95 francs par heure. Pour leur part, les employés d’ISS sont tributaires de la CCT hôtellerie-restauration avec des améliorations de la part de leur employeur. ISS paie un salaire équivalent horaire de 26,25 francs plus une 5e semaine de vacances et un 13e salaire garanti. «En cas de reprise, nous voulons les garanties que ces conditions de salaire soient maintenues», a expliqué Pablo Guscetti, secrétaire syndical d’Unia.

Pour l’heure, un recours avec effet suspensif a été déposé par ISS, ce qui retardera la reprise du mandat par Securitas prévue au 1er juin. Contacté, Gilles Kraft, directeur régional d’ISS, confirme le dépôt d’un recours, mais ne peut en révéler le contenu. Tout en n’avouant avoir aucun contact avec Genève aéroport ou Securitas, il prend acte que l’article 333 «semblerait s’appliquer» dans le cas présent.

A l’occasion de leur conférence de presse, les syndicats se sont aussi étonnés «des conditions troublantes de l’octroi de la concession», pointant le fait que «Securitas n’a jamais fait d’accueil de passagers et que son offre de prestations était plus chère que celle d’ISS».

Pétition déposée
Face à cette incertitude, les salariés d’ISS ont lancé une pétition. Ils demandent le maintien de leurs conditions de travail. Les pétitionnaires, dont le travail a toujours été très apprécié par les passagers, constatent la pression constante et quotidienne de l’aéroport international de Genève (AIG). «Il n’est pas admissible de passer les relations de travail à un autre employeur sans donner au personnel la possibilité de s’exprimer», précise encore le texte, signé par près de 80 collaborateurs. Le personnel exige aussi le maintien du mandat à ISS, que le Conseil d’administration de l’AIG reçoive une délégation des employés en compagnie des syndicats afin de se faire entendre et subsidiairement, «de garantir, en cas de transfert, les conditions de travail et les acquis (sous quelque forme que ce soit) au-delà du délai d’un an prévu par le CO.»