Un premier remède pour soigner LA Mal

Genève • L’Alternative vient de déposer 6’788 signatures pour son initiative de plafonnement des primes d’assurance-maladie à 10% du revenu du ménage. Plusieurs mesures sont proposées pour financer les 254 millions que coûtera ce plafonnement.

«Les primes ont augmenté de 159% depuis 1996 et un Genevois sur 5 renonce à des soins», ont expliqué les initiants. (photo: DTinguely).

«Il m’en reste une dernière dans la poche. Ça fera peut-être la différence», lance, goguenard, le député d’Ensemble à Gauche Pierre Vanek. Ce lundi, à l’heure du dépôt des signatures à la chancellerie, le compte est bon. L’Alternative a facilement recueilli le nombre de signatures nécessaires pour son initiative pour plafonner les primes maladie à 10% du revenu, avec 20% de marge. Pourquoi une telle initiative? «Depuis 1996 et l’instauration de la LAMal, les primes ont augmenté de 159%, alors que les salaires n’augmentaient que de 26%. Cette hausse constante fait que les assurés s’appauvrissent ou se surendettent, quand ils ne renoncent pas carrément aux soins comme le fait un Genevois sur 5», explique Pablo Cruchon permanent de solidaritéS.

Une initiative aussi pour la classe moyenne
«Aujourd’hui, seuls 5% des Genevois reçoivent des subsides d’assurance-maladie, mais depuis 2011 les budgets cantonaux ne suivent pas la courbe de l’explosion du coût des primes, ce qui a, entretemps, conduit à un recul de près de 20% des subsides par rapport au coût réel des primes», souligne, de son côté, la socialiste Carole-Anne Kast. «Cette proposition sera utile pour la classe moyenne, qui ne touche pas de subsides», argumente encore la maire d’Onex. «Une famille avec deux enfants qui gagne 75’000 francs paie des primes mensuelles de 1367 francs. Avec notre initiative, celles-ci passeront à 625 francs», souligne-t-elle encore.

«En 1996, le Conseil fédéral avait dit que les primes ne devaient pas dépasser les 8% des revenus d’un ménage. L’objectif est loin d’être atteint», justifie encore Dominique Tinguely, conseiller municipal écologiste à Plan-les-Ouates. «Notre initiative ne résoudra pas tous les problèmes de coûts de la santé, mais elle permet d’atténuer leurs effets sur la population», précisent encore les initiants. «Elle apporte des solutions aux travailleurs. Notre syndicat l’accueille donc avec bienveillance et sympathie», ajoute Joël Varone, secrétaire syndical à Unia.

Des pistes de financement
Comment financer les 254 millions de coûts qu’induirait l’initiative? «Aujourd’hui, l’Etat paie déjà 51 millions par an pour rembourser des primes non-payées aux assureurs, cette somme devrait disparaître avec cette initiative», explique Dominique Tinguely. D’autres pistes sont possibles. «La réévaluation de la valeur locative des immeubles pourrait ramener 287 millions de francs. Il faut aussi rappeler que le bouclier fiscal introduit par la droite coûte 75 millions chaque année au canton», calcule l’écologiste.

Les initiants rappellent aussi que leurs voisins du Canton de Vaud subventionnent actuellement les primes représentant plus de 12% des revenus, avec un passage prévu à 10% en 2019. Avec l’initiative cantonale lancée par le PdT pour une caisse publique cantonale, de même qu’avec le projet d’assurance soins dentaires d’Ensemble à Gauche, deux projets qui doivent encore passer en votation, l’agenda politico-sanitaire est plus que plein à Genève.