Chômeurs âgés: passer du bla-bla aux actes

Il faut le dire • En avril doit se tenir la quatrième conférence annuelle du Secrétariat à l’économie (SECO) sur le thème des travailleurs âgés au chômage, sous les auspices de Johann Schneider-Ammann. La mesure la plus volontariste proposée par ce forum? L’incitation auprès des employeurs à ne pas mentionner d’âge dans les offres d’emploi, pour éviter la discrimination. De quoi bouleverser de fond en comble le marché de l’emploi!

Voir également notre article sur la conférence annuelle de 2017

En avril doit se tenir la quatrième conférence annuelle du Secrétariat à l’économie (SECO) sur le thème des travailleurs âgés au chômage, sous les auspices de Johann Schneider-Ammann. La mesure la plus volontariste proposée par ce forum? L’incitation auprès des employeurs à ne pas mentionner d’âge dans les offres d’emploi, pour éviter la discrimination. De quoi bouleverser de fond en comble le marché de l’emploi…

Face à ce manque d’engagement fédéral, deux associations, 50etplus et Avenir50plus Suisse, ont même décidé de boycotter le 29 mars la pré-conférence à laquelle elles étaient conviées, en dénonçant «les mesures purement cosmétiques confirmant, année après année, le point de vue du SECO que tout va bien».

Pourtant, la situation est alarmante. En 2017, 40’000 chômeurs se sont retrouvés en fin de droit, dont bon nombre de seniors, sans avoir retrouvé une activité lucrative et tombant souvent à l’aide sociale. Dans le secteur de la construction à Genève, les syndicats viennent ainsi d’épingler la cellule paritaire de reclassement mise en place en 2016, qui n’a débouché que sur l’embauche de 3 chômeurs âgés et expérimentés sur 30 dossiers présentés, mettant en péril le droit à la retraite anticipée des intéressés.

Face à ce déni de réalité, les solutions existent. Dans le canton de Vaud, une rente-pont entre 63 et 65 ans a été mise en place depuis 2011. Récemment, le conseiller d’Etat. Pierre-Yves Maillard a lancé un appel aux entreprises à créer un millier d’emplois à durée déterminée pour les chômeurs de plus de 50 ans.

Un projet-pilote a aussi été mis en place à Lausanne, qui assure un suivi des fins de droit par une équipe mixte d’assistants sociaux et des conseillers en placement. Au niveau fédéral, la Conférence suisse des institutions fédérales (CSIAS) a proposé en février que les personnes de plus de 55 ans en fin de droit restent affiliées à l’assurance-chômage jusqu’à l’atteinte de l’âge de la retraite et continuent à être placées sur le marché du travail par les ORP.

Pour l’heure, à l’exception d’une interpellation à ce propos d’un député popiste vaudois auprès du Conseil d’Etat, les suggestions de la CSIAS, ne rencontrent encore malheureusement que trop peu d’écho.