La répression au Nicaragua inquiète en Suisse

Amérique latine • Les mouvements de solidarité veulent la vérité sur la répression d’Ortega.

«Les faits de grave violence survenus dans ce pays centre-américain depuis le 18 avril – et qui se poursuivent encore aujourd’hui – avec plus de 40 morts reconnus par des sources fiables, préoccupent profondément le mouvement de solidarité suisse avec le Nicaragua», soulignent plusieurs associations, incluant des organisations, associations, jumelages et des militants des diverses villes notamment Bienne, Genève, Delémont, Zürich, Bellinzone, Lausanne, Berne, Fribourg. La crise a débuté suite à un projet de réajustement du système de sécurité sociale par le gouvernement sandiniste de Daniel Ortega, qui a conduit à une forte mobilisation des retraités et des étudiants, puis d’une partie de la population aux côtés des manifestants. La mobilisation a été fortement réprimée par la police et les troupes anti-émeutes.

Le 16 mai, une table de Dialogue national entre gouvernement et opposition a été mise en place, ce que saluent les associations, de même que la désignation d’une Commission d’investigation composée de cinq personnalités nationales. «Son action pourra être considérée comme positive si elle réussit à investiguer rapidement sur les faits de violence, si elle arrive à faire la lumière sur les responsabilités concernant les morts et les blessés, si elle propose des mesures judiciaires pour sanctionner lesdits responsables et si elle propose des mesures de réparation morales et financières aux victimes ou à leurs familles», relèvent les associations. Elles déplorent pourtant que le Gouvernement du Nicaragua n’ait pas encore communiqué la liste officielle des personnes décédées lors des faits, ni expliqué le déroulement des événements, ni surtout assumé la part de responsabilité de ses forces de police, ni communiqué ses regrets aux familles des victimes.

Dans leur conclusion, les associations, qui entendent bien continuer à travailler avec les associations de base locales, soulignent aussi le contexte de contre-révolution qui sévit actuellement en Amérique latine et mettent en garde: «Un affaiblissement du Gouvernement et de l’Etat nicaraguayen, suite à la réduction de l’espace démocratique et aujourd’hui aux violences, n’aura d’autre conséquence que de favoriser l’avancée de la droite, annihilant ainsi les arguments politiques essentiels des forces progressistes pour soutenir le processus de transformation qui met en évidence le Nicaragua depuis 2007.»