Le PdT lance un pavé dans le PAV

Genève • Toute la gauche, à l’exception du Parti du Travail et du conseiller administratif genevois Rémy Pagani, soutient le nouveau projet de plan d’affectation du méga quartier de 230 hectares de Praille-Acacias-Vernets (PAV), sur lequel la population se prononcera le 10 juin.

L’actuel projet de loi prévoit une part de 88% de biens en location sur le PAV , dont 62% de logements d’utilité publique et 12% de PPE à la vente. (CC Marc Mongenet)

Lancé en 2007, le projet de réaménagement de la zone artisano-industrielle Praille-Acacias-Vernets (PAV) passera enfin devant le peuple. Dans sa dernière mouture, le projet de loi propose une ultime répartition des catégories de logements sur les 84% de terrains publics et propriété de l’Etat dans ce secteur de 230 hectares. Celle-ci fixe une part minimale de 88% de biens à louer et une part maximale de 12% de vente en propriétés par étages (PPE) dans la zone. La part minimale des logements d’utilité publique (LUP) doit être de 62%, dont 24% de logements en habitation bon marché (HBM) pour les plus bas revenus. C’est un taux inférieur à la loi précédente de 2011 sur le sujet, qui prévoyait que tous les logements étaient à louer, dont deux tiers de logement d’utilité publique, avec 22% de logements HBM.

A terme, 12’400 logements pour 6’200 emplois sont prévus dans le nouveau PAV contre 10’500 logements et 10’500 emplois dans la précédente loi. Principaux adversaires du projet, le PLR et l’UDC dénoncent le trop fort pourcentage de logements aidés en location sur les parcelles. Le premier parti dénonce aussi la mise en vente de «PPE-bidons» dans la zone, du fait que ces propriétés ne seront délivrées qu’en droit de superficie et que le terrain restera en main de l’Etat. «A Genève, la demande de PPE en pleine propriété est gigantesque, notre canton ne compte que 18% de propriétaires, le taux le plus bas de Suisse. Pourquoi donc tenter d’imposer un ersatz de PPE en lieu et place de l’original?», s’insurge ainsi Alexandre de Senarclens, président du PLR et député.

Satisfecit des Verts, du PS et de solidaritéS
A gauche, les Verts, le PS et solidaritéS appellent à voter oui au projet de loi. «Les modifications ratifiées par les milieux des locataires n’entraîneront ni augmentation de la densité globale prévue dans le périmètre PAV, ni diminution du nombre absolu de logements d’utilité publique. En introduisant des PPE en droit de superficie dont les terrains resteront contrôlés par l’Etat, cette loi permettra une plus grande mixité que la loi actuellement en vigueur pour ce périmètre», estiment les écologistes. «Cet aménagement est primordial dans un canton qui souffre d’une grave pénurie de logements, et où de trop nombreux locaux commerciaux sont laissés vides. Par ailleurs, le développement économique engendré par les activités des entreprises installées dans ce quartier permettra de favoriser l’emploi grâce à la création de nouvelles places de travail. Ce projet favorise également le renforcement de la mixité sociale grâce aux différentes catégories de logements qui seront construits sur les terrains en main publique», renchérissent les socialistes.

Pour sa part, le Parti du Travail, de même que le conseiller administratif de la Ville de Genève Rémy Pagani, de solidaritéS, sont les seuls à gauche à s’opposer au projet. «Par ce vote, il faut défendre une position de principe, à savoir que sur le peu de terrain que la collectivité possède, on doit les consacrer au besoin prépondérant de la majorité de la population, c’est-à-dire aux logements locatifs», dénonce ce dernier dans le journal l’Encre rouge. Il s’oppose au pourcentage de 12% de parts de PPE dans le PAV et défend la répartition inscrite dans la loi de 2011. En cas d’échec, la droite ne va-t-elle pas demander une hausse de ce pourcentage de logements en PPE? Rémy Pagani n’y croit pas. «Imaginer que la droite revienne en force avec la volonté de créer plus de logements en PPE est plus qu’hypothétique, lorsque la pénurie des logements abordables fait des ravages avec le manque cruel de logements locatifs», estime-t-il, tout en assumant son non de gauche au PAV.