A gauche toute et en avant

Genève • Réuni en congrès, le PdT a approuvé une résolution contre tout projet de fusion des composantes d’Ensemble à Gauche (EàG) et planche sur une initiative cantonale de réduction du temps de travail.

«La réduction du temps de travail est la seule mesure qui a permis la création d’emplois», estime Alexander enilne, président du PdT. (Jdr)

Fusion ou pas? Suite aux élections cantonales du printemps, qui ont vu le maintien d’une députation de 9 élus pour Ensemble à Gauche, certains membres de solidaritéS voudraient aller plus loin et fusionner les trois composantes de la coalition (solidarités, PdT et DAL) en un mouvement large et hors-partis. Sur le modèle de celui de la France insoumise en France ou La Gauche en Suisse. La proposition est loin de convaincre chez les militants du Parti du Travail, qui ont voté une résolution sur le sujet. Celle-ci stipule que «le congrès du 23 juin 2018 de la section cantonale genevoise du Parti suisse du Travail décide de refuser par principe la possibilité de transformer Ensemble à Gauche, formellement ou de fait, en structure unitaire».

Remettre l’ouvrage sur le métier

Outre cette résolution, les participants ont aussi abordé la thématique de la réduction du temps de travail comme moyen de limiter le chômage. «Cette réduction permet de remettre au moins une partie des gains de productivité au profit des travailleurs», souligne le texte de position. L’objectif du parti est d’obtenir une semaine de trente-cinq heures sans réduction de rémunération, ni augmentation des cadences pour les salariés du canton. «Cette mesure, comme on l’a vu en France, est la seule qui a permis la création d’emplois», a expliqué Alexander Eniline, président du PdT. Un travail exploratoire auprès du Bureau international du travail (BIT), des autorités fédérales et des syndicats sera mis en branle pour un lancement prévu au printemps 2019.

Il est en effet l’heure de remettre l’ouvrage sur le métier. En 1988, l’initiative fédérale de l’USS pour une réduction du temps de travail à 40 heures avait été refusée par le peuple et les cantons. Rebelote en 2002, avec l’initiative pour limiter les durées maximales de travail à 1’872 heures annuellement et 48 heures hebdomadairement ainsi que pour limiter les heures supplémentaires.

Collaboration transfrontalière

Durant l’après-midi, le congrès s’est penché sur la question de l’industrie 4.0, marquée par l’application massive des innovations technologiques dans l’entreprise. «Il faut pouvoir contrôler cette évolution, que les humains ne deviennent pas l’instrument de la machine et qu’elle n’amplifie pas massivement les pertes d’emplois», a expliqué un participant. Pour approfondir le sujet, notamment la question de savoir s’il faut taxer les robots, une conférence est prévue dans les mois qui viennent.

Profitant de la venue de Loris Fontana, représentante du PCF Haute-Savoie et élue à Annecy, les congressistes ont également abordé les relations transfrontalières dans le cadre du Grand Genève. Rappelant que 162’000 frontaliers passaient chaque jour la frontière genevoise, dont 70% en provenance de Haute-Savoie, la militante a souligné l’impact tant environnemental que social qu’induit le système de libre circulation, sachant que 20% des Hauts savoyards travaillent en Suisse gagnent autant que les 80% qui œuvrent en France. Le congrès a décidé d’initier un travail en commun avec le PCF «afin d’apporter à toutes ces questions des solutions en faveur des travailleurs, genevois et français, loin des solutions technocratiques de la droite néolibérale ou démagogiques de l’extrême droite». Ce point devrait être aussi évoqué dans le cadre du Parti de la gauche européenne (PGE), qui regroupe une trentaine de partis de la gauche du PS de toute l’Europe.

Pour finir, les militants ont décidé de soutenir les initiatives «pour des aliments équitables» des Verts, ainsi que celle du syndicat Uniterre sur la souveraineté alimentaire. Ils soutiennent aussi le contre-projet à l’initiative retirée de Pro Velo afin d’encourager la création d’un réseau de voies cyclables en Suisse.