Les 17 objectifs de développement durable

La chronique féministe • Le 1er janvier 2016, les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’Agenda 2030 des Nations Unies ont succédé aux 8 Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) définis en 2000.

Le 1er janvier 2016, les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’Agenda 2030 des Nations Unies ont succédé aux 8 Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) définis en 2000. Ces objectifs et leurs 169 cibles ont une vocation universelle et visent à mobiliser les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile.

Ces objectifs sont les suivants

•          Eradiquer la pauvreté: 783 millions de personnes vivent avec moins de 1,9 $ par jour.

•          Eradiquer la faim: 1 personne sur 9 dans le monde est sous-alimentée.

•          Favoriser la santé et le bien-être: 5 millions d’enfants meurent chaque année avant l’âge de 5 ans.

•          Favoriser l’éducation: 1 fille sur 4 n’est pas scolarisée dans les pays en développement.

•          Favoriser l’égalité entre les sexes: en moyenne, les femmes gagnent 24% de moins que les hommes.

•          Favoriser l’accès à l’eau potable: plus de 40% de la population mondiale manque d’eau.

•          Favoriser l’énergie: 1,2 milliard de personnes n’ont pas accès à l’électricité.

•          Favoriser le travail: plus de 200 millions de personnes sont au chômage.

•          Dans l’industrie, favoriser l’innovation et les infrastructures: 1,9 million de personnes n’ont pas accès au téléphone.

•          Réduire les inégalités: 10% des personnes les plus riches gagnent 40% du revenu mondial.

•          Favoriser les communautés durables: 883 millions de personnes vivent dans des bidonvilles.

•          Favoriser une production et une consommation responsables: chaque année, 3 milliards de tonnes d’aliments sont gaspillés.

•          Lutter contre le changement climatique: entre 1960 et 2017, la température moyenne a augmenté de 0,85 degré.

•          Préserver la vie aquatique: la pêche maritime emploie plus de 200 millions de personnes, la surpêche met en danger les espèces aquatiques.

•          Préserver la vie terrestre: les terres cultivables disparaissent 30 à 35 fois plus vite qu’avant.

•          Favoriser la paix et la justice: la corruption, la fraude, le vol et l’évasion fiscale coûtent 1,26 trillion (1,26 milliard de milliards) de $ par an aux pays en développement.

•          Favoriser les partenariats pour la réalisation des objectifs : 46% des grands patrons pensent que les ODD sont importants pour développer les partenariats multifacteurs.

Quand on lit cette liste, on se demande comment il se fait que ces objectifs, qui semblent évidents, n’aient pas encore été atteints. Il y a 50 ans déjà, j’étais révoltée qu’il existe la faim dans le monde, l’extrême pauvreté, que des gens n’aient pas accès à l’eau. Le Club de Rome, dans les années 50, alertait à l’époque les dirigeants (il n’y avait quasiment pas de dirigeantE à l’époque) et le public sur les dangers qui menaçaient le vivant. Jacques-Yves Cousteau, du haut de sa Calypso, lançait cris d’alarme sur cris d’alarme concernant l’état de la Méditerranée, qu’il visitait avec ses plongeurs. Aujourd’hui, c’est une poubelle et elle deviendra sous peu la plus grande mer morte de la planète.

La surpêche, la surexploitation du sol et les pesticides rendent la terre infertile, les forages de pétrole, les mines anéantissent des régions. Les gaz d’échappement des véhicules et des usines asphyxient des pays entiers, la population étouffe dans les villes chinoises. Au-dessus de l’Inde stagne un immense nuage noir de pollution. Les cigarettiers et l’agro-alimentaire nous empoisonnent avec le tabac, avec l’huile de palme, omniprésent parce qu’elle est bon marché et facile à travailler, avec le sucre ajouté aux aliments qui n’en ont pas besoin, provoquant des obèses de plus en plus nombreux, sujets à de multiples maladies, immense problème de santé publique. Mais aucun gouvernement ne prend les dispositions nécessaires afin de lutter contre ces fléaux.

Une conférence contre les méfaits du tabac se tient actuellement à Genève sous l’égide de l’OMS, mais la Suisse n’a toujours pas ratifié la convention qui recommande, notamment, d’adopter le principe du paquet de cigarettes neutre, sans logo de la marque. La Suisse a pourtant signé cette convention onusienne le 25 juin 2004, exprimant ainsi la volonté du Conseil fédéral d’y adhérer. Mais cette bonne intention s’est perdue dans les méandres parlementaires. La Suisse, avec Andorre et Monaco, reste le pays d’Europe dont les restrictions sont les plus faibles dans ce domaine. Tout cela pour préserver la manne que rapportent les géants cigarettiers installés en Suisse: British American Tobacco (BAT)., Japan Tobacco International, Philip Morris.

Ces multinationales du tabac sont étroitement connectées avec les milieux de l’économie du pays: à côté de l’USAM, GastroSuisse, economiesuisse et Publicité Suisse, les parlementaires-lobbyistes défendent leurs intérêts. Des avocats suisses les représentent dans les litiges internationaux. Pourtant, les mesures recommandées permettraient d’économiser près d’un milliard de francs en coûts de la santé.

Les quatrième et cinquième objectifs m’intéressent particulièrement: favoriser l’’éducation, notamment des filles, dans les pays en développement, et l’égalité des sexes, partout dans le monde. Il est d’autant plus indispensable d’éduquer les filles du Tiers-Monde que, une fois adultes, elles feront vivre leur famille, comme ces mères célibataires d’Addis-Abeba qui ont transformé deux hectares pollués de leur bidonville en potager bio, ou les femmes qui créent une mini-entreprise grâce au microcrédit.

Il est tout de même hallucinant de constater qu’aujourd’hui encore, les femmes gagnent en moyenne 24% de moins que les hommes, 18% en Suisse. Or la loi sur l’égalité au travail date de 1981. 40 ans plus tard, presque rien n’a bougé. Pire, les Chambres nationales refusent obstinément de rendre les salaires transparents, ce qui serait un premier pas en direction d’une égalité salariale. Soulignons que les Chambres sont constituées pour ¾ d’hommes…

Les ODD de l’Agenda 2030 sont certes indispensables pour la planète, et ce serait magnifique que tout le monde se mette ensemble pour y parvenir: politiques, ONG, industries, etc. Mais quand on voit les décisions absurdes prises par la Suisse et la France concernant le tabac, le sucre, le glyphosate, l’absence de courage politique pour promouvoir l’égalité des sexes, on se dit qu’il y a bien loin de la coupe aux lèvres et que les êtres vivants ont encore du souci à se faire…