«Vernier doit continuer à être un labo d’innovation sociale»

Genève • Le socialiste Martin Staub se présente au conseil administratif de la Ville de Vernier dans le cadre d’une élection complémentaire, suite à l’élection de Thierry Apothéloz au Conseil d’Etat en mai dernier. Interview.

Martin Schaub défend maison du droit, ou maison citoyenne, qui permettrait d’offrir à la population un soutien social complet. (DR)

Le 14 octobre, les électeurs de Vernier, deuxième ville du canton en population, devront élire le successeur du socialiste Thierry Apothéloz, élu au Conseil d’Etat en mai. A droite, c’est la conseillère municipale et députée Ana Roch qui représentera le MCG, comptant 11 élus sur 37 au conseil municipal. Elle s’était déjà présentée en 2015 sans être élue. Son adversaire sera le socialiste Martin Staub, 34 ans, avocat, conseiller municipal, ancien président du Conseil municipal et député.

Votre prédécesseur au Conseil administratif a marqué la commune par son action dans les affaires sociales, avec notamment la création de contrats de quartiers. Allez-vous poursuivre son action, en suivant son sillage?

Martin Staub Je pense qu’intensifier notre action sociale est un axe important pour une commune comme Vernier. Un des projets qui me tient le plus à cœur est la création d’une maison du droit, ou maison citoyenne, qui permettrait d’offrir à la population un soutien social complet, aussi bien en matière de logements que de travail. Cela pourrait se faire avec l’aide de l’Asloca et des syndicats en particulier, et permettrait de donner une information pertinente ou un coup de pouce aux Verniolans.

Vous avez plusieurs fois rappelé que votre commune pourrait affronter des difficultés financières ces prochaines années, alors que dans le même temps, vous prévoyez des investissements. Comment allez-vous faire ?

Au niveau cantonal, la réforme de la fiscalité des entreprises va impacter les communes et induire des difficultés passagères. Dans le même temps, la création de nouveaux quartiers comme celui de l’Etang, qui accueillera 1000 logements, va amener des nouveaux contribuables et des rentrées fiscales. Il faudra donc maintenir nos investissements pour construire des infrastructures, comme des crèches, des ludothèques ou des écoles. Ces investissements seront priorisés. D’autres seront échelonnés, comme la renaturation du nant qui passe sous le Lignon. Il ne faut surtout pas couper dans la culture ou le social, colonne vertébrale de notre commune.

Faut-il rediscuter la péréquation financière entre communes riches et communes pauvres?

Oui, elle peut être rediscutée. Une commune comme Vernier fait beaucoup en matière de logements ou d’infrastructures, alors que d’autres communes, souvent mieux loties, sont à la traîne. Soutenir des communes comme Vernier n’est qu’un juste retour des choses.

Faut-il faire venir des gros contribuables dans votre commune?

Non, je ne suis pas pour une politique qui chercherait à attirer systématiquement les gros contribuables. Vernier se distingue par ses grands quartiers et sa zone-villas, un mélange de classes populaires et moyennes qui fait sa richesse. Il faut maintenir cet équilibre, en favorisant la qualité de vie.

Que comptez-vous faire en matière d’emplois. Faut-il développer votre zone industrielle?

Même si nous comptons sur quelques grosses entreprises comme Givaudan, la zone de Zimeysa, partagée entre notre commune et celles de Meyrin et Satigny, comporte essentiellement des PME. Il faut renforcer la venue d’artisans et de petites entreprises de proximité, qui sont les meilleurs vecteurs d’emplois. Par la modification du plan directeur communal, nous pouvons encourager cette priorité.

Le site industriel de Porteus, près du Rhône, est actuellement occupé par les milieux alternatifs. Quelle est votre position?

Cette occupation du site par des membres du collectif «Prenons la ville» va dans le sens de mon objectif, qui est de développer un lieu de culture sur le site, avec ateliers d’artistes et espaces d’exposition. Un endroit ouvert et modulable. Cela doit se faire avec l’appui des associations et des habitants, dans le cadre d’un projet de proximité.

En quoi est-il important qu’il y ait un représentant socialiste au conseil administratif de Vernier ?

Je veux que Vernier continue à être un laboratoire d’innovation sociale, avec la maison du droit, et de participation citoyenne, grâce à des forums participatifs. Cela me tient à cœur en tant qu’enfant de la commune. Plus prosaïquement, si je ne suis pas élu, la conseillère administrative sera issue du MCG. A Vernier, l’expérience de l’élection de Thierry Cerutti (conseiller administratif de 2008 à 2011) a été douloureuse, marqué par la violence politique et les promesses non tenues