Divorce à solidaritéS Genève

Genève • En désaccord sur le traitement interne de l’affaire Maria Perez, quatre membres de solidaritéS, élus au conseil municipal de la Ville de Genève, démissionnent de leur parti pour rejoindre le PdT.

Les dissensions couvaient depuis des mois. Suite aux atteintes (établies) à la personnalité et à la santé subies par l’élue municipale, Maria Perez en raison des «pétages de plomb» du député Pablo Cruchon – tous deux travaillant au secrétariat du parti – deux camps irréconciliables se sont formés à solidaritéS. D’un côté, quatre élus au municipal, Tobia Schnebli, Ariane Arlotti, Morten Gisselbaek et Maria Perez, de l’autre la majorité du parti. Cette semaine, les deux parties se sont manifestées devant la presse pour justifier le bien-fondé de leurs positions.

Lundi, une lettre, signée par les 4 élus municipaux annonçait la cessation de leur grève du militantisme entamée fin avril au conseil municipal et, dans la foulée, leur démission du parti. Dans la missive, ils accusaient leur ancien parti de «n’avoir aucune intention réelle de traiter de manière ouverte, démocratique et solidaire les problèmes de fonctionnement interne qui traversent ostensiblement l’organisation». Et de citer, à l’appui de leurs dires, l’absence de mise en pratique des recommandations et mesures conseillées par le rapport externe sur le conflit d’Anne-Marie Barone, juge à la retraite. Les signataires remettaient aussi en cause «le mur infranchissable de la coordination (mandatée à la suite d’une assemblée générale pour trouver une conciliation, ndlr ) autour de son seul et unique pouvoir pour traiter cette crise».

Dénégations et mises au point

Mardi, les députés Jean Batou et Jocelyne Haller, ainsi que la conseillère municipale Brigitte Studer ont convoqué la presse pendant plus d’une heure pour réfuter la version des opposants, tout en prenant acte de leur démission. Rappelant que les conclusions du rapport reconnaissaient notamment une atteinte à la personnalité de Maria Perez, provoquée par des emportements de la part de son collègue, «tout en écartant explicitement tout mobbing ou harcèlement», le trio a assuré que solidaritéS avait adressé un blâme au fautif. Ils ont aussi ajouté que les conclusions et les recommandations ont été envoyées aux intéressés. «Si l’entier du rapport n’a pas été transmis, c’est pour garantir la protection de la personnalité des témoins sollicités pour l’enquête», a souligné Jocelyne Haller. Elle certifie qu’il pourrait l’être à l’issue de la procédure que vient de lancer Maria Perez auprès des Prud’hommes. Pour sa part, Brigitte Studer a assuré que solidaritéS avait créé un groupe de travail interne pour lutter contre toute forme de sexisme. « Nous avons des regrets, mais aussi un soulagement de cette séparation du fait que nous étions dans une impasse», a souligné Jean Batou.

Qu’adviendra-t-il des quatre démissionnaires, qui ont annoncé vouloir rejoindre le PdT?«Nous espérons que le travail au sein du groupe municipal d’Ensemble à Gauche (qui compte 8 élus) pourra se poursuivre. Mais il faut rappeler que, selon nos statuts, les élus qui voudraient se présenter en 2 020 et qui en sont à leur deuxième ou troisième mandat ne peuvent le faire sans une dérogation de notre assemblée générale», a conclu Jocelyne Haler. Des discussions sur ce sujet vont être entamées avec le PdT, garantit solidaritéS