La tête du POP Vaud rajeunit et se diversifie

Vaud • Le POP vaudois vient de tenir son Congrès annuel, au cours duquel il a renouvelé ses instances dirigeantes. Entretien avec Anaïs Timofte, Augustin Mukamba et Luca Schalbetter, nouveaux vice-présidents.

Les débats ont été soutenus lors du Congrès du POP vaudois, samedi dernier à Nyon. Ils ont notamment porté sur le contenu du nouveau document de stratégie politique, rédigé par le groupe communication, qui évoquait l’idée de centrer davantage les revendications du parti sur des questions sociales, plutôt que sociétales. Il sera retravaillé jusqu’en mars 2019 par une commission ainsi que par les sections.

Le Congrès a aussi été l’occasion de renouveler les instances dirigeantes. Gavriel Pinson et Christophe Grand ont été reconduits, respectivement comme président et secrétaire du parti vaudois. Céline Misiego a quitté la vice-présidence, et a été remplacée par une triple vice-présidence. Celle-ci est composée d’Anaïs Timofte, 27 ans, étudiante lausannoise en science politique à l’Unil, maman d’une petite fille de 6 ans, le renanais Augustin Mukamba, 56 ans, employé de La Poste, président de la commission du personnel et délégué syndical chez Syndicom, président de la Commission de l’immigration chez Syndicom et Luca Schalbetter, 19 ans, formé comme employé de commerce au syndicat Unia et président des Jeunes POP Vaud. Pour Christophe Grand, la composition de la nouvelle direction est cohérente avec la ligne du parti, qui met en avant la défense des travailleurs, les causes syndicales et sociales. La diversité régionale est également bien représentée, avec des membres de la direction qui viennent des sections de Lavaux-Oron, du Chablais, de Renens et de Lausanne. Trois questions aux nouveaux élus à la vice-présidence.

Pourquoi avez-vous choisi d’adhérer au POP plutôt qu’à un autre parti ?

Anaïs Timofte Il s’agit d’un parti qui a des représentants dans les exécutifs, un certain nombre d’élus, une légitimité et une histoire, puisqu’il existe depuis les années 1940. J’ai également une expérience du monde du travail et des inégalités économiques qu’il engendre. J’ai en effet enchaîné des jobs mal payés avant de débuter mes études et dû batailler pour obtenir une bourse d’études, alors que j’ai un enfant. Depuis le début, je me suis engagée très activement au POP, notamment via notre groupe « communication ». Dans ce cadre, j’ai rédigé un postulat pour le Conseil national sur la santé au travail, et je participe également à la rédaction de motions pour le Grand conseil vaudois.

Augustin Mukamba Je me considère avant tout comme un travailleur et un syndicaliste. En effet, je suis facteur à Daillens depuis bientôt 17 ans et président de la commission du personnel de mon unité de travail. Je cherchais un parti qui défende l’intérêt des travailleurs et des revendications liées au monde du travail. Pour moi, le POP a une identité claire sur ce sujet.

Luca Schalbetter Pour moi, le POP fait partie d’une gauche populaire qui manque, entre la sociale- démocratie et la gauche radicale académique peu présente hors de Lausanne. Notre parti bénéficie d’une assise dans le monde du travail et a été à l’avant-garde de luttes en faveur de l’introduction du suffrage féminin ou de l’AVS. Même dans les régions ou nous sommes restés longtemps inactifs et tentons aujourd’hui de nous réimplanter, comme Yverdon ou Nyon, les gens nous connaissent et nous font confiance.

Pourquoi vous engagez-vous au poste de vice-président du comité directeur ?

AT Il y a une volonté de rajeunir la direction du parti. Je souhaite également faire le lien entre la section de Lausanne et le canton afin de mieux coordonner les actions et gagner en efficacité.

AM Nous voulons redynamiser le parti et je souhaite apporter ma pierre à l’édifice sur la question de la reconstruction de l’image du parti. Nous souhaitons également recentrer le parti sur les questions sociales, qui touchent dans une large mesure le monde du travail. C’est donc pour moi une manière d’aborder la question des droits des jeunes, des femmes, des retraités, et des migrants, ainsi que de l’intégration de ces derniers.

LS Je peux être un lien solide entre la jeunesse et le parti cantonal. Depuis le début de l’année, nous bénéficions également d’une nouvelle dynamique au sein du parti. Les adhésions sont régulières, et concernent exclusivement des personnes de moins de 35 ans. Je souhaite donc m’engager afin de continuer sur cette lancée. Nous souhaitons également recentrer notre discours sur les aspects sociaux et économiques, devenir une gauche des salariés et de la défense des conditions de travail.

Quels sujets vous tiennent particulièrement à cœur ?

AT Je trouve important de s’engager pour de bonnes conditions de travail pour tout le monde, en en particulier en faveur des salaires et de la sécurité au travail, ainsi que de lutter contre les inégalités d’accès au travail. Je souhaite également que notre parti développe une vraie vision de gauche dans les relations de la Suisse avec l’Union européenne. Je suis aussi sensible à la question des retraites et de la santé, afin de garantir des conditions de vie dignes à chacun.

AM En tant que vice-président de la section de la Fourmi Rouge, la section de Renens du POP, je souhaite renforcer les liens entre le parti local et cantonal. Je peux également être l’un des acteurs du rapprochement entre le parti et le monde syndical. Enfin, comme migrant, je veux montrer que l’intégration est possible, y compris sur la scène politique.

LS Il y a d’abord le combat contre la RFFA, qui représente une attaque frontale contre les services publics. La question des retraites va également revenir sur la table, notamment avec l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes. Notre parti a un rôle à jouer pour apporter une réponse de défense du premier pilier. Enfin, nous devons réfléchir à la place de la Suisse dans l’Union européenne ainsi qu’aux accords bilatéraux, afin de renégocier ces derniers en faveur des travailleurs.