Quand le POP et les patrons se rencontrent

Neuchâtel • La section du POP de La Chaux-de-Fonds accueillait le 6 novembre l’AIP (association industrielle et patronale) à la demande de cette dernière. Le thème de cette rencontre était de «trouver des solutions pour sortir la Ville de l’ornière dans laquelle elle se trouve». (Par Julien Gressot)

La première étape, avant de chercher des réponses, est de poser un diagnostic. C’est pourquoi le POP a proposé son regard sur la crise que traverse la Ville de La Chaux-de-Fonds. Quatre points principaux ont été relevés.

Le premier concerne les reports de charge incessants de la part du Canton de Neuchâtel et les inégalités de ressources entre les différentes communes. L’écart entre les communes les plus riches et les communes les plus pauvres se creuse, notamment depuis les réformes fiscales du temps du Conseiller d’Etat socialiste Jean Studer. La baisse par 100 de l’impôt des holdings a, par exemple, coûté 40 millions durant trois années au Canton. Cette somme a été en partie reportée sur les communes. Le nouveau projet de péréquation cantonale et la nouvelle baisse de l’imposition des entreprises prévue coûteraient une fois de plus très cher à la Ville de La Chaux-de-Fonds.

Favoriser l’économie résidentielle

Le second point évoqué est que l’économie de type industrielle ne rapporte plus grand-chose, – voire coûte avec les frais des infrastructures, de la pollution et une population plus sensible aux

aléas conjoncturels –, aux communes accueillant les lieux de production. Une partie de plus en plus grande des travailleurs ne vit plus sur le lieu où elle travaille. C’est désormais l’économie résidentielle (où les gens habitent), et dans une moindre mesure présentielle (où les gens consomment), qui rapporte aux communes ayant le moins de charges de centre, pouvant ainsi jouer la carte de la concurrence fiscale. La lutte que se livrent les collectivités publiques permet aux plus riches de s’enrichir davantage et légitime les politiques d’austérité découlant du vide des caisses publiques.

Un trafic automobile qui nuit à la qualité de vie

Le troisième élément, également central, touche à la mobilité. L’explosion du trafic motorisé, l’absence d’un contournement routier de la Ville et une hiérarchisation peu claire des rues rendent la cohabitation des différents usagers des espaces publics de plus en plus problématiques. Le manque de zones piétonnes et d’endroits permettant à la mobilité douce de déambuler en sécurité représente un sérieux frein à la qualité de vie de La Chaux-de-Fonds.

Un dernier point mentionné est celui de la qualité et la diversité de la vie associative à La Chaux-de-Fonds qu’il s’agit d’encourager.

Or, les restrictions budgétaires et les complications administratives ont mis à mal les associations qui passent de plus en plus de temps à faire de la paperasse et ont besoin de davantage de bénévoles pour le transport du matériel par exemple.

Divers autres sujets ont été abordés, comme la nécessité de se tourner davantage vers un mode de vie plus respectueux de l’environnement et vers une économie plus diversifiée et ancrée localement, en offrant notamment des éco-quartiers, des zones piétonnes, une monnaie locale et en profitant de la nature environnante.

Cette rencontre a finalement permis au POP de développer certaines thématiques et de constater qu’elles rencontrent un certain écho auprès de protagonistes classiquement peu enclins à discuter de positions popistes, tout en constatant le peu de propositions concrètes de l’AIP à l’heure actuelle