Journée contre les violences faites aux femmes

Suisse • Ce samedi 24 novembre, les collectifs romands de la Grève féministe du 14 juin 2019 organisent des marches nocturnes dans plusieurs villes de Suisse romande afin d’en finir avec les violences sexistes et sexuelles.

Les organisatrices de la manifestation souhaitent dénoncer les injures, les menaces, les attouchements, les agressions, les viols ou encore les meurtres dont sont victimes des millions de femmes en Suisse et à travers le monde. Elles dénoncent toutes les violences qui touchent les femmes, y compris institutionnelles, racistes ou encore médicales.

Une étude publiée lundi par la Fondation Jean Jaurès et la Fondation européenne d’études progressistes confirme l’ampleur du phénomène. Ce sondage a été mené auprès de 6’000 femmes en France, en Espagne, en Allemagne, en Italie, en Angleterre et aux Etats-Unis. Il en ressort par exemple que 86% des femmes interrogées en France déclarent avoir été confrontées au moins une fois dans leur vie à une atteinte ou agression sexuelle dans la rue, et 24% au cours de l’année écoulée. En Allemagne, la proportion est de 44% pour les 12 derniers mois. Les femmes en dessous de 35 ans sont les plus concernées, révèle l’étude.

Atteintes et agressions sexistes

Le sondage a pris en compte une dizaine d’atteintes dont les femmes ont pu être victimes, comme le regard insistant, les remarques, moqueries ou insultes sexistes, le frottement déplacé, les caresses et attouchements à caractère sexuel, la contrainte ou encore le viol. Les résultats indiquent que 66% des femmes ont essuyé des sifflets dans la rue au cours de leur vie (11% au cours des 12 derniers mois), 39% ont été victimes de remarques ou des insultes sexistes (8% dans l’année). Plus de 40% des sondées disent avoir été suivies sur une partie de leur trajet (5% dans l’année), 31% ont subi des attouchements (3% dans l’année).

Mardi 13 novembre à Berne, le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG) organisait un congrès qui a réuni 270 spécialistes afin de lutter contre la violence domestique. En Suisse, 2 femmes par mois sont victimes d’homicide pas le conjoint ou ex-conjoint, tandis que 5 femmes par mois sont victimes de tentatives d’homicide. Les violences conjugales sont la première cause d’invalidité et de décès chez les femmes de 16 à 44 ans en Europe, selon les chiffres du rapport du Conseil de l’Europe en 2005.

Les organisatrices de la marche nocturne du 24 novembre revendiquent le respect des femmes aussi bien dans l’espace public que sur le lieu de travail et les lieux de formation ou dans la sphère privée. Elles demandent également que les violences sexistes soient reconnues comme des motifs d’asile et la fin de politiques répressives en matière de migration.

 

Fribourg : 17h – Devant l’Espace Jean Tinguely – Niki de Saint-Phalle
Genève : Dès 15h – Uni Mail / Boulevard du Pont-d’Arve 40
Lausanne : 18h00 – Place de la Riponne
Neuchâtel : 17h – Place Pury