Les licenciés du «Matin» encore insatisfaits

Presse • Quatre mois après la fermeture du quotidien vitaminé orange de Tamedia, les salariés licenciés continuent leur bras-de-fer avec l’éditeur zurichois pour obtenir un plan social décent.

Depuis le 22 juillet, le journal Le Matin, édité par Tamedia a disparu des caissettes et kiosques et 41 salariés licenciés de la rédaction sont toujours en attente d’un plan social décent. La semaine dernière, ceux qui se sont renommés les «41 virés » ont envoyé une lettre ouverte à la presse pour dénoncer la lenteur de la direction à mettre en plan des dédommagements, suite aux licenciements. «Alors que la délégation des employés avait présenté un plan social permettant au mieux aux 41 licenciés du Matin Semaine de se réinsérer dans un contexte professionnel difficile, avec des mesures tout à fait comparables à celles pratiquées dans la branche, l’éditeur zurichois persistait dans son attitude brutale et intransigeante. En proposant les mesures d’accompagnement de son précédent licenciement collectif en 2016, alors même que deux fois plus de personnes sont concernées par la fin du Matin et que, depuis, deux titres de presse ont disparu dans un paysage médiatique déjà plus que compliqué. Et alors que la délégation du personnel a plusieurs fois revu ses propres demandes à la baisse, Tamedia par la voix de Serge Reymond, a toujours refusé la moindre concession», relevait la missive.

Réponse patronale combattue

En réponse, la direction du groupe a précisé qu’elle prévoyait de verser l’équivalent des prestations que le groupe offre habituellement dans le cadre de restructurations économiques aux anciens collaborateurs du Matin, ainsi qu’aux 22 personnes licenciées au sein de Tamedia Editorial Services en Suisse alémanique. Le groupe, qui dit «regretter la situation de blocage liée au plan social», propose une indemnité de non-emploi ou une prestation de départ en retraite anticipée, une prestation d’out-placement et un soutien dans le cadre d’un projet de formation professionnelle urgent et nécessaire afin de retrouver un nouvel emploi.

Face à cette proposition jugée indécente, la réplique des «41 virés», soutenus par les syndicats Impressum et Syndicom, ainsi que par les sociétés des collaborateurs de l’ensemble des rédactions de Tamedia, ne s’est pas fait attendre longtemps.

Dans un communiqué commun, ceux-ci ont rappelé que les situations étaient différentes des deux côtés de la Sarine. «Tamedia affirme que les mesures d’accompagnement proposées sont les mêmes en Suisse alémanique et en Suisse romande. Ce qui est faux, notamment en ce qui concerne les personnes proches de la retraite et le mode de versement des indemnités», dénoncent les «41 virés» et leurs soutiens. «Ce comportement inflexible qui conduit aujourd’hui les deux parties à devoir recourir à un tribunal arbitral pour trancher. Tamedia préfère donc perdre plusieurs dizaines de milliers francs dans cette procédure et allonger encore l’attente des 41 licenciés du Matin plutôt que d’honorer ses responsabilités sociales et légales», concluent les anciens salariés. Le bras-de-fer continue.