Genève veut des exploitations bio, mais refuse de supprimer le bouclier fiscal

Genève • Sur les 389 exploitations agricoles que compte Genève, moins de 10% sont en culture biologique.

«Sur les 389 exploitations agricoles que compte Genève, moins de 10% sont en culture biologique. Or, ce mode de production est le plus respectueux de la population, de la biodiversité et de la qualité des sols. La conversion à l’agriculture biologique rencontre toutefois encore une certaine résistance (nouvelles pratiques, risques potentiels, coûts éventuels) et nécessite un coup de pouce de l’Etat», soulignaient les Verts dans l’exposé des motifs de leur projet de loi. A l’occasion de sa session du 24 novembre, le Grand Conseil genevois a décidé de suivre les écologistes, en modifiant la loi sur la promotion de l’agriculture. Celle-ci devra favoriser la conversion des exploitations à l’agriculture biologique. «C’est un signal en faveur de cette production», a souligné Isabelle Pasquier, députée et vice-cheffe de groupe. Ensemble à Gauche (EàG) s’est aussi félicité du vote, qui avait été refusé en commission par la droite. La coalition de la gauche radicale en a appelé «à poursuivre et intensifier la transition vers une agriculture respectueuse de l’environnement offrant des produits sains à la population». Rappelons qu’aujourd’hui, l’Etat fournit déjà des aides à la reconversion pour une durée de deux ans. Celles-ci visent à combler le manque à gagner durant la phase où les contraintes du bio ne sont pas encore compensées par le prix des produits. «Il convient d’accompagner le fonds d’aide par une politique proactive, en inscrivant dans la loi le soutien à ces transitions dont l’impact sur la santé et l’environnement est primordial», ont défendu les Verts.

Bouclier fiscal soutenu par la droite

Le jour précédant ce succès, plusieurs demandes de la gauche pour supprimer le bouclier fiscal pour les plus gros contribuables ont été refusées. Ce dispositif introduit en 2011 permet aux contribuables les plus fortunés de se soustraire à la progressivité de l’impôt. «Avant la mise en place du bouclier fiscal, les grosses fortunes déclarées augmentaient déjà à un rythme soutenu, beaucoup plus rapide que celui du PIB cantonal. Ce nouveau dopage fiscal leur a permis de croître encore deux fois plus vite. Grâce au bouclier fiscal, les très gros contribuables du canton ont en effet bénéficié d’un rabais d’impôt total sur quatre ans de 350 millions, alors que ceux qui déclaraient une fortune inférieure à 5 millions n’ont pratiquement tiré aucun avantage de dispositif (14 millions en tout et pour tout)», a souligné Ensemble à Gauche dans les débats. Peine perdue, puisque la majorité de droite du Grand Conseil a rejeté 10 projets de loi qui prévoyaient de limiter ou de supprimer le bouclier fiscal.