Pierre Maudet dans une position intenable

Il faut le dire • «Démissionner serait une solution de facilité», a martelé Pierre Maudet, en lisant ses notes, lors de son passage ce mardi sur la RTS, à l’heure de grande écoute de l’info.

«Démissionner serait une solution de facilité», a martelé Pierre Maudet, en lisant ses notes, lors de son passage ce mardi sur la RTS, à l’heure de grande écoute de l’info. Expliquant que «le temps de la justice n’est pas celui de la politique», le Conseiller d’Etat genevois a souligné son intime conviction d’être innocent de tout ce qu’on l’accuse. Peut-être, mais depuis que le Ministère public a ouvert une instruction contre lui à la fin août, le radical n’a guère brillé par sa transparence et sa contrition. A chaque nouvelle révélation – ouverture accélérée d’un bar aux Grottes par passe-droit, paiement de sa cotisation au parti par des tiers, mais lui permettant d’obtenir une attestation pour les impôts à son nom – ses explications par avocats interposés et ses méthodes perso ont alimenté les doutes. Semblant confirmer que le magistrat persiste à s’accrocher afin d’obtenir une retraite partielle -mais coquette – de Conseiller d’Etat en cas de démission passé le 29 juin 2019.

Ce manque de clarté dénoncé par ses adversaires, au point qu’une pétition demandant sa démission a été lancée sur le Net par le journaliste indépendant Didier Tischler, crée aussi de l’incompréhension dans les rangs de son parti. Cette semaine, la présidente du PLR national, Petra Gössi, a convoqué le magistrat genevois, qui s’est refusé, dans un premier temps, à se rendre au rendez-vous à Berne, alors que le président du PLR genevois, Alexandre de Senarclens a en a appelé mercredi ouvertement à sa démission. Si cette demande n’est pas suivie par le comité directeur du parti, Alexandre de Senarclens a d’ores et déjà annoncé qu’il remettrait son mandat.

Sans préjuger des conclusions qui pourraient sortir de l’enquête d’Olivier Jornot, affilié au même parti que M. Maudet, la confiance entre la population et le Conseil d’Etat semble d’ores et déjà bien entamée et ce dégât difficilement surmontable. Début novembre, la sénatrice socialiste vaudoise Géraldine Savary avait reconnu ses «erreurs d’appréciation», qu’elle avait assumées en décidant de ne pas se représenter dans la course aux Etats et de démissionner de la vice-présidence du PSS. Une leçon à méditer pour l’élu du bout du Lac.