La loi CO2 en mauvaise voie

Suisse • Cette semaine, le Conseil national se penchait sur une révision de la loi sur le CO2.

Cette semaine, le Conseil national se penchait sur une révision de la loi sur le CO2. Une nécessité pour que la Suisse puisse tenir les engagements liés à l’Accord de Paris sur le climat. Avant le débat, Greenpeace avait déjà annoncé que l’objectif de réduire de 30% les émissions de CO2 en Suisse d’ici 2030 était insuffisant, «en repoussant l’objectif de zéro émission bien après 2050, alors que les scientifiques du GIEC considèrent que le seuil de zéro émission doit être atteint d’ici 2050 sur toute la planète pour éviter des risques graves». Cette inquiétude n’a guère ébranlé les conseillers nationaux. Le Conseil national a ainsi refusé de fixer un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre en Suisse. «Cette décision va totalement et directement à l’encontre des objectifs de la Convention de Paris visant à limiter la surchauffe du climat à 1,5°C au maximum. Sans un objectif national contraignant, il n’y aura pas de boussole indiquant la direction à suivre», a regretté le chef de groupe socialiste, Roger Nordmann, tout comme Doris Leuthard en charge du dossier.

Dans les discussions, qui continueront en début de semaine prochaine avant que le Conseil aux Etats ne se saisisse du dossier, le bloc de droite a décidé que le seuil d’émission de 95 grammes de CO2 pour les voitures ne devait constituer qu’une valeur moyenne à ne pas dépasser entre 2021 et 2024. La semaine prochaine, les députés devront décider s’ils fixent à 5, 8, 13,13 ou 20 centimes l’augmentation du litre d’essence pour compenser les émissions nocives liées au trafic. La taxe sur les billets d’avion, ainsi que l’amélioration des normes de construction, devront encore être discutées