La CSIAS tire la sonnette d’alarme

Suisse • Cette semaine, la Conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS), qui a élaboré les normes d’aide sociale en collaboration avec les cantons a sorti une étude, expliquant que ces montants sont insuffisants

Cette semaine, la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS), qui a élaboré les normes d’aide sociale en collaboration avec les cantons a sorti une étude, expliquant que ces montants sont insuffisants. «Une personne vivant seule a besoin d’au moins 1082 francs, soit 100 francs de plus que les normes actuelles», souligne le rapport. «L’enquête montre en outre les graves effets d’une aide sociale insuffisante. Très souvent, l’endettement s’aggrave. Les personnes à l’aide sociale doivent économiser dans la nourriture, avec pour conséquences des problèmes de santé assez immédiats. Une forte restriction des dépenses pour l’habillement, la mobilité et les loisirs se paie par de la stigmatisation et de l’exclusion sociale. Ces effets touchent tout particulièrement les enfants et les adolescent-e-s, un tiers des bénéficiaires de l’aide sociale», souligne, de son côté, Avenir social, association professionnelle suisse du travail social.

Et la situation pourrait s’aggraver. Dans le Canton de Berne, le Grand Conseil a décidé en 2018 de diminuer jusqu’à 8% le forfait d’entretien de l’aide sociale, jusqu’à 15% pour les jeunes, voire même 30% pour les étrangers qui ne montrent «vraiment aucune volonté de s’intégrer» Le peuple se prononcera ce printemps. «Si l’actuel forfait pour l’entretien était réduit de 8%, une famille de quatre personnes disposerait de 7 francs encore pour acheter de la nourriture, des boissons et du tabac, voire de 5 francs seulement en cas de réduction de 30%», estime Felix Wolffers, co-président de la CSIAS, en ajoutant: «Ceci ne permet pas de se nourrir suffisamment et sainement. Dès lors, de nouvelles réductions sont injustifiables et irresponsables.»