Double référendum sur la CPEG

Genève • Suite au vote par le Grand Conseil genevois en décembre de deux lois contradictoire sur la recapitalisation de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG), deux référendums viennent d’être lancés, l’un émanant de la droite, l’autre de la gauche.

Suite au vote par le Grand Conseil genevois en décembre de deux lois contradictoire sur la recapitalisation de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG), deux référendums viennent d’être lancés, l’un émanant de la droite, l’autre de la gauche. Le 8 janvier, le PLR a annoncé récolter des signatures contre la loi 12228 approuvée au parlement par l’Alternative (PS, Verts, Ensemble à Gauche) et le MCG. Le projet prévoit de renflouer la caisse en proposant – à titre d’actifs de recapitalisation- des terrains détenus par l’Etat pour construire des logements à loyers abordables. «Cette loi ne prévoit aucune réforme structurelle et fait porter l’entier de la charge de la recapitalisation, soit 4, 2 milliards, sur le seul contribuable», critique le PLR, qui défend le projet issu du Département de sa magistrate, Nathalie Fontanet. Le texte prévoit le passage au système de primauté des cotisations, ainsi qu’une augmentation de la part de l’employé passant de 33,3 % à 42% contre une baisse de celle de l’employeur passant de 66,7% à 58%.

La loi 12404 issue de la droite et de l’UDC est combattue par le Cartel intersyndical de la fonction publique, soutenu par l’Asloca, le PS, Ensemble à Gauche ou le MCG, qui a annoncé le lancement d’un référendum le 10 janvier. «Il faut rappeler que le Conseil d’État a précisé qu’en cas de non-contestation de ces deux lois par référendum, il choisirait de promulguer la L12404, et qu’il reviendrait devant le parlement avec ses observations, dans un délai de 6 mois, sur la 12228, comme l’y autorise la Constitution», précise Marc Simeth, président du Cartel.

«Cette loi péjorera une nouvelle fois les rentes des assuré-e-s, tout en augmentant leurs cotisations. Il faut souligner que ce sont les décisions de la majorité de droite qui sont à l’origine d’une capitalisation insuffisante de la caisse et non des retraites trop généreuses», explique, de son côté, le PS. «Les salariés ont déjà subi de fortes baisses de leurs rentes, soit plus de 12% actés en 2014 lors de la création de la CPEG et 5% fin 2016, en lien avec l’augmentation de l’âge pivot.

La loi prévoit d’autre part le passage de la primauté des prestations à la primauté des cotisations; le premier système garantit une rente en fonction de critères fixés en amont alors que le second fait dépendre la rente des rendements des placements de la caisse. Ce n’est alors plus l’employeur et le salarié qui supportent conjointement le risque de devoir adapter le système s’il ne parvient plus à remplir les objectifs légaux fixés, mais les salarié-e-s seul-e-s qui voient leur rente fondre sans pouvoir s’y opposer», précise encore le PS.

«La loi de la gauche garantit de meilleures prestations pour le personnel et veut recapitaliser la Caisse en misant sur la construction de logements à loyers abordables plutôt que sur la bourse», résume Marc Simeth, président du Cartel. La population sera probablement appelée aux urnes en mai.