Une candidature du pouvoir d’achat

Vaud • La candidate du POP pour les élections complémentaires du 17 mars au Conseil d’Etat vaudois, Anaïs Timofte, défend une revalorisation des salaires et une baisse des frais fixes. (Par Paris Kyritsis)

Notre pays est l’un des plus riches au monde, mais une grande partie des travailleurs.euses, retraité.es, chômeurs-euses peinent à joindre les deux bouts. Partant de ce constat, le POP Vaud lance une candidate pour le Conseil d’Etat avec une revendication principale: davantage de pouvoir d’achat pour les classes populaires. Et lorsque cette revendication émane de la gauche combative, elle s’inscrit dans un véritable projet de société.

Défendre les classes populaires et renforcer l’économie locale

Si parler de pouvoir d’achat n’est pas propre à un camp politique, les revendications concrètes s’opposent. A droite, on revendique surtout une baisse des impôts, avec pour objectif déguisé d’affaiblir les services publics. A gauche, pour le POP, élever le pouvoir d’achat se fait à travers l’incitation à la hausse des salaires et la baisse des frais fixes pesant sur le budget des ménages. Ce sont donc deux projets de société qui s’affrontent. Et pour le POP, il s’agit bien d’œuvrer pour la réalisation d’un autre modèle économique, au service de ceux qui produisent la richesse de notre pays: les travailleuses et les travailleurs.

Le POP s’attaque aux frais fixes qui pèsent fortement sur le budget des ménages, principalement les primes d’assurance maladie et les loyers chers. Cet argent ne finit aucunement dans l’économie locale mais enrichit des caisses d’assurance maladie et des groupes immobiliers qui l’investiront selon des logiques de profit et pas dans l’intérêt de la population.

A l’opposé, un meilleur pouvoir d’achat c’est davantage d’argent dans le budget des ménages pour faire des dépenses qui feront tourner l’économie locale. En effet, pour avoir accès aux marchés paysans, à la boucherie locale, aux restos du coin, à la culture (musique, théâtres, concerts), à la santé (salles de sport, piscines), il faut en avoir les moyens.

Revendiquer une hausse du pouvoir d’achat sans baisse d’impôts, c’est donc défendre les classes populaires et nos services publics tout en renforçant le tissu économique local. Laisser le champ libre à la droite sur ce terrain reviendrait à perdre la garantie de services à bas coûts dans le transport, la santé, l’éducation pour les classes populaires. C’est pour toutes ces raisons que le POP Vaud en a fait son thème principal de campagne.

Agir pour la transition écologique

Militer pour le pouvoir d’achat des ménages est donc un outil essentiel pour contribuer au changement de modèle économique que défend le camp progressiste, mais également afin d’agir efficacement pour la transition écologique.

Le mouvement des gilets jaunes le montre: l’écologie libérale est vouée à l’échec, car elle oppose systématiquement écologie et social, et ne s’attaque jamais aux gros pollueurs. Seule une écologie non punitive pour les classes populaires a des chances de succès, surtout quand on sait que l’essentiel de la pollution liée au mode de vie est le fait des très hauts revenus.

Au lieu de prendre pour responsables les gens et leur «surconsommation» individuelle, ne ferait-on pas mieux de militer pour que toutes et tous aient enfin les moyens de consommer local et sain? Ou encore de fournir des transports publics gratuits afin d’éviter aux gens de devoir prendre la voiture? Car si beaucoup de consommateurs se tournent vers les fast-foods et l’achat en ligne, par exemple, c’est avant tout par manque de moyens. Toute la question est là: pour consommer mieux, à l’heure actuelle, il faut en avoir les moyens. Pour en avoir les moyens, il faut de meilleurs salaires, moins de frais d’assurance maladie et de plus bas loyers.