La députée kurde Leyla Güven a été libérée

Turquie • Un tribunal turc a ordonné la remise en liberté sous contrôle judiciaire de Leyla Güven, parlementaire kurde du Parti démocratique des peuples (HDP), en grève de la faim depuis 79 jours. Son état de santé s’était fortement dégradé. (Par Pierre Barbancey, paru dans L'Humanité)

Arrêtée en janvier 2018 pour avoir critiqué l’offensive turque qui était alors en cours dans l’enclave à majorité kurde d’Afrine dans le nord de la Syrie et détenue depuis malgré son immunité parlementaire, Leyla Güven avait entamé une grève de la faim le 8 novembre dernier pour briser l’isolement imposé au leader kurde Abdullah Öcalan sur l’île-prison d’Imrali et dénoncer la répression et le climat de guerre régnant en Turquie.

La cinquième audience dans l’affaire contre Güven, accusée de «fondation et de commandement d’une organisation armée», de «propagande pour une organisation illégale» et «d’opposition à la loi 2911», s’est tenue à la 9ème cour pénale de Diyarbakır. Ni la députée ni ses avocats, ni l’auditoire n’ont pu assister à l’audience. Le tribunal a donc ordonné sa libération – avec interdiction de voyager – malgré l’avis du procureur qui demandait la prolongation de sa détention. De nombreux partis de gauche européens, dont le PCF, avaient envoyé des représentants. Selon nos informations, dès la décision rendue, les gendarmes turcs ont pris position autour de la prison où se trouve Leyla Güven, vraisemblablement pour empêcher tout rassemblement à l’occasion de sa libération. Personne n’est autorisé à s’approcher de la zone, pas même les députés du HDP qui ont fait le déplacement, à l’exception de sa fille, Sabiha Temizkan.

Il reste encore des dizaines de prisonniers en grève de la faim dans les geôles turques. Par ailleurs, le leader du HDP, Selahattin Demirtas, est emprisonné depuis novembre 2016. Il est accusé de diriger une «organisation terroriste», de «propagande terroriste» et d’«incitation à commettre des crimes».