Rolle crie misère

Il faut le dire • Rien ne va plus à Rolle. La semaine dernière, son syndic socialiste, Denys Jaquet a annoncé que sa commune pourrait avoir des difficultés de payer les salaires des employés communaux.

Rien ne va plus à Rolle. La semaine dernière, son syndic socialiste, Denys Jaquet a annoncé que sa commune pourrait avoir des difficultés de payer les salaires des employés communaux. En cause: le départ d’une boîte étasunienne, gros contribuable municipal, mais aussi les contrecoups… de la baisse des impôts des entreprises dans le cadre de la Réforme cantonale de l’imposition des entreprises RIE III.

Face à cette situation inquiétante, la Municipalité a proposé une hausse de 8 points de l’impôt communal, mais la droite rolloise n’en veut pas. Elle propose de refuser la hausse de la contribution de la ville dans le cadre de la péréquation cantonale. La solidarité fout le camp…

Cette baisse des revenus de la commune devrait même encore s’accentuer selon 24 Heures. Les comptes 2018 devraient être déficitaires de plusieurs millions, «du fait que les rentrées fiscales des personnes morales avaient été trop optimistes».

Deux ans après son adoption, la RIE III commence finalement à montrer ses effets négatifs pour les communes. Globalement, celles-ci constatent que les recettes fiscales liées aux personnes morales sont en diminution et les prochains investissements passeront souvent par davantage d’emprunts, les fonds propres ne suffiront pas. Malgré une compensation cantonale de 50 millions pour cette année, celles-ci tirent la langue et pensent à augmenter leur taux d’impôt comme à Nyon ou Chavannes des-Bois.

Ceci n’empêche pas des comportements opportunistes. Cette semaine, l’Union des communes vaudoises (UCV) – une organisation marquée à droite – vient de demander un moratoire sur l’augmentation de la facture sociale due au canton. Proposition relayée au parlement par une motion du député UDC, Pierre-Yves Rapaz. Derrière la baisse actuelle des revenus des communes, certains s’ingénient bien à vouloir remettre en cause les quelques contreparties sociales issues de la RIE III cantonale.