Encore du boulot pour la Suisse

Il faut le dire • Evaluant les étapes importantes de la vie professionnelle d’une femme, du premier emploi à la pension de retraite, «ainsi que les protections juridiques associées à chacune de ces étapes», la Banque mondiale vient de sortir une enquête sur l’inclusion économique des femmes dans le monde.

Evaluant les étapes importantes de la vie professionnelle d’une femme, du premier emploi à la pension de retraite, «ainsi que les protections juridiques associées à chacune de ces étapes», la Banque mondiale vient de sortir une enquête sur l’inclusion économique des femmes dans le monde. Pour la Suisse, le bilan est mauvais.

Alors que l’institution financière internationale, d’obédience libérale, basée à Washington a d’ordinaire l’habitude de saluer bien bas la Suisse comme modèle pour sa législation économique libérale ou sa flexibilité du droit du travail, elle relègue notre pays au 70e rang sur 187 en ce qui concerne l’égalité femmes/hommes. En tête de ce classement, basé sur huit critères, on trouve 6 pays: Belgique, Danemark, France, Lettonie, Luxembourg et Suède, qui obtiennent un score de 100 sur 100.

Parmi les points noirs cités pour la Suisse, on trouve la brièveté du congématernité, l’absence de congé parental, mais aussi les inégalités des revenus à la retraite, encore plus marquées pour le deuxième pilier. Sur les ondes de la RTS, l’économiste et spécialiste des politiques d’égalité, Lynn MacKenzie, estimait que le classement aurait pu être plus mauvais si on y avait intégré plusieurs autres critères: le manque de places de crèches et leur cherté ou le conservatisme suisse et le maintien stéréotypé des us et coutumes en matière de tâches rémunérées et non-rémunérées.

Si tant est qu’il soit nécessaire, cette étude très grand angle et indicative montre que les mobilisations des femmes restent nécessaires. Malgré le bon classement de leurs pays respectifs, les Françaises et les Belges seront dans la rue le 8 mars pour montrer que «si les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête».

En Suisse, les objectifs affichés du 8 mars et de la grève féministe du 14 juin visent non seulement à améliorer les droits sociaux économiques, mais ont l’ambition de changer profondément la société, en dénonçant les réflexes machistes vis-à-vis des femmes, qu’elles soient résidentes ou sans statut légal, et des personnes appartenant à la communauté homosexuelle, bisexuelle, transgenre ou intersexe (LGBTI). Gageons que cet appel soit entendu. Joël Depommier