Les féministes espagnoles rendront aussi hommage à Lucrecia Perez

8 mars • Les événements, qui ont conduit à la reconnaissance du premier crime pour mobile de xénophobie et racisme en Espagne, se sont déroulés en 1992.

Les événements, qui ont conduit à la reconnaissance du premier crime pour mobile de xénophobie et racisme en Espagne, se sont déroulés en 1992. Le 13 novembre vers 9 heures du soir, quatre hommes masqués, vêtus de noir, sont entrés dans une ancienne boîte de nuit, les Quatre-Roses, près de Madrid, lieu où se regroupaient des membres de la communauté dominicaine. Ouvrant le feu, ils ont mortellement touché Lucrecia Pérez Matos, femme de 33 ans, arrivée en Espagne un mois et trois jours plus tôt pour travailler dans la péninsule.

Après deux semaines d’enquête la police avait mis la main sur un quatuor, composé d’un garde civil et de trois mineurs. Après une journée passée à boire avec des skins et des ultras, les quatre avaient décidé de «donner une leçon aux nègres» et leur «faire une petite surprise». D’où la virée dans la banlieue madrilène en voiture Talbot rouge. Lors du procès, initié le 11 décembre 1992, les juges dénoncèrent un «acte de commando» et requirent 54 ans de prison pour le principal fautif et 24 ans pour ses coresponsables. Le premier est aujourd’hui libéré, alors que ces trois autres complices l’avaient été en 2001.

L’affaire avait fait beaucoup de bruit à l’époque, avec de nombreuses manifestations de solidarité dans toute l’Espagne et une déclaration solennelle du Congrès pour condamner toute forme de discrimination.

«25 ans après cet assassinat, les instruments pour combattre ce type de délits se sont renforcés, mais il manque encore une loi intégrale et des plans pour renforcer la protection des victimes», soulignait en 2017, dans les colonnes du journal Publico, Esteban Ibarra, président du mouvement contre l’intolérance. Cette même année, le réseau européen contre le racisme relevait que «4000 altercations violentes (dont 80 meurtres), reliées à la xénophobie, avaient eu lieu depuis 1992», tout en indiquant que ces chiffres étaient sous-estimés du fait que la police n’enregistrait pas les motifs de l’agression au moment de l’arrestation.