Le Nicaragua sur le chemin de l’apaisement

Amérique latine • L’exécutif du président Daniel Ortega et l’opposition sont convenus d’une feuille de route, après des mois de crise. (Par Cathy Dos Santos, paru dans L'humanité)

En dépit des menaces du président des États-Unis, le Nicaragua prend le chemin de la pacification, après des mois de crise politique meurtrière. Le 5 mars, les délégations du gouvernement du président Daniel Ortega et de l’opposition, l’Alliance civique pour la justice et la démocratie, sont convenues d’une feuille de route en seize points, au terme d’un premier round d’échanges initié le 27 février.

Cette première phase technique a établi les modalités du processus de négociations qui se mèneront jusqu’au 28 mars, ou au-delà si les deux parties en conviennent: lieu du dialogue, adoption des décisions par consensus, discussions autour des garants nationaux et internationaux. Les six négociateurs, de part et d’autre, ont demandé à trois témoins nationaux et internationaux d’accompagner le processus: un émissaire du Vatican en la personne du nonce apostolique Waldemar Stanislaw Sommertag, l’archevêque de Managua et président de l’épiscopat du Nicaragua, le cardinal Leopoldo Brenes, enfin le pasteur Ulises Rivera, comme représentant de l’Église évangélique.

Cette amorce de dialogue est une avancée sur le plan politique. En avril 2018, une réforme controversée sur les retraites, qui a pourtant aussitôt été retirée, avait mis le feu aux poudres. Les affrontements entre les forces de sécurité et l’opposition – une fronde alliant patronat, droite, étudiants – s’étaient soldés par la mort de 325 personnes. À l’époque l’exécutif sandiniste avait accusé Washington d’ingérence, en raison de ses accointances politiques et financières avec une partie de l’opposition. Il y a peu encore, Donald Trump est revenu à la charge contre Cuba, le Venezuela et le Nicaragua, accusés d’être «l’axe du mal» dans la région.