Pas de répit dans la lutte pour le climat

Suisse • Le 15 mars, les jeunes redescendront dans la rue pour une grève internationale pour le climat dans 1’000 villes, afin que les Etats s’engagent à respecter les accords de Paris. Questions à Thomas Bruchez, membre du groupe local genevois et de la Jeunesse socialiste.

Quelles sont aujourd’hui les revendications de votre mouvement?

Thomas Bruchez Nous exigeons que soit décrétée l’urgence climatique. Cela implique que la Suisse reconnaisse la situation de catastrophe écologique et la traite comme un enjeu primordial. Notre pays doit réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre à zéro d’ici 2030, sans utiliser des technologies de compensation. Nous réclamons dorénavant aussi la justice climatique, ce qui signifie que les plus gros pollueurs doivent passer à la caisse. Pour finir, nous estimons qu’un changement de système est aujourd’hui nécessaire pour que les mesures précédentes puissent être mises en œuvre.

Quel est le profil de votre mouvement?

Nous sommes un mouvement politique, mais non-partisan. S’il était logique qu’au début, on retrouve de nombreux jeunes de la gauche, des Verts ou des associations dans la mobilisation, celle-ci s’est rapidement élargie et regroupe tous les secteurs de la jeunesse. Du fait de son hétérogénéité, notre mouvement peine parfois à prendre des décisions sur son orientation. La mobilisation n’en est pas partout au même niveau de développement et de maturité, il y a de grandes disparités régionales tant en termes de stratégie que de mobilisation. Malgré cela, tant la dynamique nationale que les dynamiques cantonales sont extrêmement positives et génératrices d’espoir. La question de la collaboration ou non avec les politiques institutionnelles est aussi sur la table. Au niveau national, il serait important de forcer les partis à montrer leur vrai visage, alors que jusqu’à présent notre mouvement a été un peu trop consensuellement salué par toutes les forces politiques, à l’exception de l’UDC. A l’échelle des cantons, il me semblerait judicieux que, sur la base de nos revendications, nous défendions des propositions plus concrètes comme, par exemple, la gratuité des transports publics financée par des impôts fortement progressifs. Le 15 mars, à Genève, des élèves auront l’occasion d’aller à la rencontre des travailleuses et travailleurs et des hôpitaux, de la construction ou des TPG afin de montrer que la lutte pour le climat est profondément liée aux autres luttes sociales.

Ne craignez-vous pas qu’à l’image du manque d’ambition de la révision de la Loi sur le CO2, enterrée en décembre par le Conseil national, la logique économique prime en Suisse sur la protection du climat?

Un changement de paradigme est possible. A côté de l’avenir de l’AVS et des primes d’assurance-maladie, la protection du climat est aujourd’hui une des préoccupations majeures des Suisses selon les barèmes électoraux, alors qu’elle n’était pas dans les 10 premières places il y a quatre ans. Chaque semaine, des scientifiques et climatologues publient des lettres ouvertes sur cette thématique. Plus de 260 chercheurs suisses, comme Dominique Bourg, français et belges viennent de soutenir la mobilisation du 15 mars. On constate enfin un intérêt croissant et mondial pour nos manifestations, qui il y a quelques années, restaient relativement confidentielles. Il y aura un avant et un après notre mobilisation.

Agenda sur www.climatestrike.ch/fr/events