L’horizon se dégage pour les grévistes d’Onet

Genève • Au 51e jour de leur grève, les 11 nettoyeurs de la multinationale ont cessé leur mouvement, après avoir obtenu des garanties de leur employeur. Ils attendent maintenant un geste politique du Conseil municipal, qui se réunira le 16 avril.

Le 2 avril, les 11 travailleurs de WC publics d’Onet ont décidé de suspendre leur mouvement au 51e jour de grève, car l’horizon tendait à se dégager. Ainsi, un accord sur plusieurs revendications des salariés a été trouvé avec l’employeur. Onet SA a ainsi accepté de réengager le collaborateur licencié pendant le conflit. Il a aussi approuvé la remise de plannings annuels fixes, de mensualiser les salaires, de mettre en conformité les taux de cotisations LPP avec mise sur pied d’un groupe de suivi entre les parties.

Et comme si ce n’était pas tout, il a aussi entériné la mise en place d’un programme de formation pour l’ensemble de l’équipe selon les besoins de chacun, touchant autant le domaine professionnel, selon le catalogue de l’Ecole genevoise de la propreté, que celui de l’amélioration du français, mais aussi d’élaborer de fiches de salaire plus claires et plus transparentes pour l’ensemble du personnel d’Onet a aussi décidé de se plier à un contrôle de la commission paritaire portant sur les cinq dernières années afin de s’assurer de la parfaite mise en conformité de cette dernière à la convention du nettoyage, en termes notamment du paiement des salaires-vacances, des jours fériés et des 13e salaires.
Les grévistes ont reçu l’assurance que les avertissements et menaces de licenciement avec effet immédiat ainsi que les plaintes pénales déposées tant à leur encontre qu’à celui de leurs représentant-e-s étaient retirées. Comme quoi, la grève paie.

Un vote de crédit déterminant

Dernier point de litige, celui d’une augmentation du temps de travail (la plupart ne travaillant qu’une trentaine d’heures par semaine) et des salaires. Ces points, ainsi que l’ensemble des autres précités, ne pourront être réalisés qu’à l’issue du vote du conseil municipal du 16 avril, qui débattra du sujet. «Au cours des discussions, les parties sont une nouvelle fois arrivées à la conclusion que la proposition (du 27 mars, ndlr) du Conseil administratif d’allouer un crédit de 120’000 francs supplémentaires pour l’exécution de ce contrat ne suffirait pas à la redistribution d’heures suffisantes à l’ensemble de l’équipe de manière équitable pour permettre à chacun de ses membres d’avoir désormais un salaire décent. Aussi, conformément à la pétition qui avait été déposée le mardi 26 mars dernier au Conseil municipal, les grévistes et le SIT réaffirment leur demande de voir amendée cette proposition à hauteur de 158’000 francs. Seule cette mesure permettra d’augmenter considérablement et égalitairement le temps de travail et les salaires des travailleurs, et donc de rétablir la justice sociale sur ce marché public», a expliqué le syndicat SIT, qui attend impatiemment le jour du vote